Place au Rendement

Lexique · Marchés & indices

Inflation

L'inflation est la hausse générale des prix, mesurée par l'IPC. Estimation provisoire de septembre 2026 : +3,0 % sur un an, après +2,4 % en août.

Par l'équipe Place au RendementMis à jour le 5 octobre 20264 min de lecture

Sommaire · C'est quoi l'inflation, en deux phrases

L'inflation, c'est la hausse durable et générale des prix. Elle grignote le pouvoir d'achat, donc la valeur réelle de l'épargne. L'estimation provisoire de septembre 2026 est de +3,0 % sur un an (INSEE), après +2,4 % en août. Le chiffre définitif de septembre est attendu le 15 octobre 2026. On n'est pas « revenus sous 2 % ».

C'est quoi l'inflation, en deux phrases

L'inflation mesure la perte de pouvoir d'achat de la monnaie : avec le même billet, tu achètes un peu moins de pain, d'essence ou de loyer qu'un an plus tôt. On l'exprime en pourcentage de variation des prix sur 12 mois glissants, et l'INSEE la publie chaque mois pour la France.

Comment on la mesure : IPC, IPCH, hors tabac

L'IPC (indice des prix à la consommation) est le thermomètre officiel de l'INSEE. Il suit un panier de plus de 200 000 prix relevés chaque mois sur l'ensemble du territoire, pondérés par le poids de chaque poste dans la dépense des ménages (logement, alimentation, transports, énergie, services). Depuis janvier 2026, la base de référence est 100 en 2025 (avant, c'était la base 2015).

Trois variantes coexistent :

  • IPC ensemble des ménages : la version la plus citée, celle dont parlent les médias.
  • IPC hors tabac : sert de référence dans la formule du Livret A (arrêté du 14 juin 2018), pour éviter que la fiscalité sur les cigarettes ne fasse bouger artificiellement le taux du livret.
  • IPCH (indice harmonisé) : version Eurostat, comparable entre pays de la zone euro. C'est sur cet indice que la BCE cale sa cible de 2 % à moyen terme.

En gros, l'IPC, c'est pour la France ; l'IPCH, c'est pour la zone euro. Sources : INSEE, Eurostat.

Inflation, déflation, désinflation : pas la même bête

Trois mots qui se ressemblent et qu'on confond souvent.

  • Inflation : les prix montent (variation positive de l'IPC).
  • Désinflation : les prix montent toujours, mais moins vite. Passer de 5,2 % en moyenne en 2022 à 0,9 % en moyenne en 2025, c'est de la désinflation. Le glissement de septembre 2026 est, lui, remonté.
  • Déflation : les prix baissent (variation négative de l'IPC). Plus rare en France, dernière vraie séquence en 2009 puis brièvement en 2015.

La désinflation est plutôt une bonne nouvelle pour ton épargne. La déflation, en revanche, n'est pas le paradis qu'on imagine : elle gèle la consommation, déprime les salaires et alourdit les dettes en valeur réelle.

L'impact concret sur ton épargne : taux nominal vs taux réel

Le rendement affiché (le taux nominal) n'est pas ce que tu gagnes en pouvoir d'achat. Le taux réel exact s'écrit (1 + taux) / (1 + inflation) - 1. Soustraire l'inflation du taux nominal n'en est qu'une approximation.

Illustration, pas un bilan annuel. Livret A à 1,70 %, glissement provisoire de septembre 2026 à +3,0 % :

  • (1,017 / 1,030) - 1 est d'environ -1,26 % ;
  • sur 1 000 €, le solde nominal passerait à 1 017 € si ce taux courait une année entière ;
  • le même panier à +3,0 % demanderait environ 1 030 €. L'écart de pouvoir d'achat est d'environ 13 €.

Ce calcul colle un taux de livret en vigueur à un mois d'inflation. Il ne décrit pas l'année 2026.

Voilà pourquoi les épargnants éligibles au LEP ont un avantage net (2,50 % en 2026), pourquoi le taux du Livret A intègre l'IPC hors tabac via la formule officielle (moyenne avec l'€STR), et pourquoi une exposition diversifiée aux actions sur longue durée, par exemple dans un PEA, peut offrir un potentiel de rendement supérieur à l'inflation, avec un risque de perte.

L'inflation française récente, en chiffres

Petit historique pour situer 2026. L'inflation française a connu un pic violent en 2022 (énergie et alimentation, post-guerre en Ukraine), puis une désinflation rapide. Voilà les chiffres officiels (IPC, moyenne annuelle, INSEE).

AnnéeInflation France (IPC)
20200,5 %
20211,6 %
20225,2 %
20234,9 %
20242,0 %
20250,9 %

Le tableau s'arrête aux moyennes annuelles. Le dernier glissement connu n'y entre pas : +2,4 % en août 2026 (définitif), puis +3,0 % en septembre 2026 (estimation provisoire, INSEE). Certains postes (loyers, services) bougent plus vite que d'autres. Sources : INSEE, BCE.

FAQ

Questions fréquentes

L'inflation, c'est forcément mauvais pour mon épargne ?

Pas dans l'absolu. Le problème apparaît quand le rendement de ton épargne passe sous l'inflation : tu perds du pouvoir d'achat même si le solde grimpe. L'estimation provisoire de septembre 2026 est de +3,0 % sur un an (INSEE), après +2,4 % en août. Le Livret A est à 1,70 %. Sur ce seul glissement, le taux réel est (1,017 / 1,030) - 1, soit environ -1,26 %. Ce n'est pas le bilan de l'année.

Quelle différence entre IPC et IPCH ?

L'IPC (indice des prix à la consommation) est l'indice français de l'INSEE. L'IPCH est sa version harmonisée par Eurostat, calculée avec la même méthode dans tous les pays de la zone euro pour permettre les comparaisons. C'est sur l'IPCH que la BCE pilote sa cible d'inflation de 2 % à moyen terme. Les deux donnent en pratique des chiffres très proches pour la France.

Pourquoi l'inflation officielle ne ressemble pas à mes courses ?

L'IPC est une moyenne pondérée sur un panier de plus de 200 000 prix, couvrant logement, alimentation, transports, énergie, services. Ton ressenti dépend de ta structure de dépenses : si tu manges souvent à l'extérieur ou si ton loyer vient de bouger, tu peux subir une inflation perçue plus élevée que la moyenne nationale. L'INSEE publie même un simulateur de « ton inflation personnelle » pour reconstituer ton panier.

Comment se protéger de l'inflation ?

Si tu y es éligible, le LEP sert 2,50 % depuis le 1er février 2026. Le Livret A et le LDDS servent 1,70 % depuis le 1er août 2026. Sur un horizon long, les actions logées dans un PEA ont historiquement dépassé l'inflation, avec un risque de marché. Les obligations indexées (OATi) existent aussi. Elles restent un produit plus technique.

L'inflation peut-elle redevenir négative (déflation) ?

Oui, c'est déjà arrivé brièvement en France en 2009 et en 2015. La déflation n'est pas une bonne nouvelle : elle pousse les ménages à reporter leurs achats, déprime les salaires et alourdit la dette en valeur réelle. La BCE surveille de près tout risque de bascule, car en sortir est plus difficile que de juguler une inflation modérée.

Lexique

À voir aussi

Retour au lexique complet.

Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.