Sommaire · Le Livret A en chiffres : 58 millions de comptes, 445 Md€
58 millions de Livrets A. 83 % des Français en possèdent un, ou presque. Record européen, sans discussion. Et pourtant, pose la question autour de toi : combien savent vraiment où va l'argent ? Combien connaissent le taux en vigueur, le plafond, ou la différence entre ce que rapporte le livret et ce qu'il coûte en pouvoir d'achat sur vingt ans ?
Le truc, c'est que le Livret A n'est ni un placement miracle ni une arnaque. C'est l'épargne de précaution par excellence, et c'est pour ça qu'il mérite qu'on le comprenne avant de chercher « mieux » ailleurs. Si tu veux d'abord cadrer le rôle de cette réserve dans ton budget, notre guide épargne de précaution avant d'investir pose les bases. Ici, on dissèque le placement préféré des Français : chiffres, historique des taux, destination réelle de ton argent, limites honnêtes, et alternatives quand le plafond est plein.
Le Livret A en chiffres : 58 millions de comptes, 445 Md€
Le Livret A, c'est le produit d'épargne le plus détenu en France. Fin 2024, la Banque de France recensait environ 58 millions de comptes ouverts, soit 83 % des Français équipés. L'encours total grimpait à 432 Md€ fin 2024, puis environ 445 Md€ en juillet 2025 selon la Fédération bancaire française (FBF). À titre de comparaison, l'ensemble de l'épargne réglementée (Livret A, LDDS et LEP) dépassait 700 Md€ fin 2025, d'après la Caisse des Dépôts.
Grosso modo, ça fait 7 500 € d'encours moyen par compte à la louche. Beaucoup de livrets tournent autour de quelques milliers d'euros, quelques-uns sont pleins à 22 950 €, et une minorité dépasse à peine le seuil des 10 € ouverts à la naissance par les grands-parents.
Deux siècles d'histoire
Le Livret A n'est pas né dans un marketing banquier. Il a été créé en 1818 par Louis XVIII, dans un contexte post-napoléonien, pour rembourser la dette des guerres et offrir aux classes populaires un support d'épargne accessible. Plus de 200 ans plus tard, le mécanisme a survécu à tous les régimes, toutes les crises et toutes les réformes bancaires. Aujourd'hui, il reste le réflexe automatique : on ouvre un Livret A à la naissance d'un enfant, on y verse les cadeaux, on y garde « l'argent au cas où ».
Le plafond légal est fixé à 22 950 € pour les particuliers et 76 500 € pour les associations (source : service-public.fr). Le LDDS complète avec 12 000 € supplémentaires, et le LEP, si tu y es éligible, 10 000 € de plus à un taux de 2,50 % en 2026.
Comment ouvrir ou gérer son Livret A
L'ouverture est gratuite chez presque toutes les banques et nécessite une pièce d'identité. Tu ne peux en détenir qu'un seul par personne, quel que soit l'établissement. Si tu changes de banque, tu peux transférer le solde ou clôturer l'ancien livret avant d'en ouvrir un nouveau.
Les intérêts sont calculés par quinzaine : tout versement avant le 15 ou le dernier jour du mois commence à produire des intérêts dès la quinzaine en cours. Les retraits libèrent de la capacité au même rythme. Pas de frais de tenue de compte, pas de minimum de versement imposé par la loi (certaines banques exigent 10 € ou 15 € à l'ouverture).
L'encours ne cesse de monter
La courbe des encours raconte une autre histoire : plus le taux remonte, plus les Français alimentent leurs livrets. Entre 2020 et 2025, l'encours a gagné plus de 100 Md€, porté par la remontée des taux après l'ère des 0,50 % et par l'incertitude géopolitique.
Ce n'est pas un hasard si le Livret A grossit quand la bourse vacille : c'est le refuge par défaut. Cela dit, un refuge qui rapporte 1,50 % en 2026 ne fait pas forcément avancer ton patrimoine sur le long terme.
Taux du Livret A : la charte historique 1980-2026
Le taux du Livret A vaut 1,50 % depuis le 1er février 2026. Avant cela, il était à 1,70 % entre août 2025 et janvier 2026, lui-même en baisse par rapport aux 2,40 % de février 2025 et au pic de 3,00 % atteint en février 2023. Le taux moyen servi sur l'année 2025 s'établit à 2,16 % selon la Caisse des Dépôts.
Mais pour comprendre le Livret A, il faut sortir du présent. La charte ci-dessous retrace l'évolution du taux nominal face à l'inflation sur quarante-six ans. C'est rarement présenté aussi clairement, et pourtant c'est ce qui explique pourquoi « mon Livret A me rapporte » peut être vrai en euros et faux en pouvoir d'achat.
Quarante ans de hauts et de bas
Le piège, c'est le nominal. 8,5 % en octobre 1981 font rêver n'importe quel épargnant d'aujourd'hui, sauf que l'inflation tapait les 13 % la même année. En pouvoir d'achat, le livret reculait chaque mois. Le « bon vieux temps des taux à 8 % » dont parlent les boomers, c'est en réalité l'âge d'or de la stagflation pour qui ne possédait que des livrets.
Il faut attendre la décennie 1990 pour voir le rapport s'inverser vraiment. Taux nominal redescendu à 4,5 %, inflation sous 3,5 % : le réel passe positif, autour de +1 %. Probablement la dernière période où le Livret A était sincèrement un instrument d'enrichissement modeste mais réel. Le régime se prolonge mollement dans les années 2000 (3 % de taux pour 1,7 % d'inflation), époque où ouvrir un livret à la naissance d'un enfant gardait du sens patrimonial.
Puis la crise financière de 2008-2009 et la décennie BCE rebattent les cartes. Le taux glisse à 1,75 %, puis à 0,75 % en 2015, et touche le plancher historique de 0,50 % en août 2020. Pendant dix ans, le Livret A a servi de coffre-fort, pas de placement. La majorité des Français l'a quand même rempli, par habitude, par peur, par défaut.
Le réveil de 2022 change tout. Taux à 2 % en août, à 3 % en février 2023, mais l'inflation s'envole à 6,3 % cette année-là. Le réel replonge à −3,3 %, parmi les pires séquences de l'histoire récente du livret. Le gouvernement décide alors un gel à 3 % sur 18 mois (août 2023 à janvier 2025), recommandé par la Banque de France et validé par le Conseil d'État (décision n° 475953 du 19 février 2024). La formule pointait pourtant vers 4,1 % en août 2023 puis environ 4 % en février 2024 : le gel a donc privé d'une hausse, au profit du logement social dont les bailleurs empruntent au taux du livret. Effet de bord positif quand l'inflation se calme en 2024 (≈ 2 %), le taux réel servi finit à +1,0 %.
Tableau comparatif 2020-2026
| Période | Taux nominal | Inflation | Taux réel | Contexte |
|---|---|---|---|---|
| 2020 (août) | 0,50 % | 0,5 % | 0,0 % | Plancher historique |
| 2022 (août) | 2,00 % | 5,9 % | −3,9 % | Réveil inflationniste |
| 2023 (févr.) | 3,00 % | 6,3 % | −3,3 % | Pic d'inflation |
| 2024 (févr.) | 3,00 % gelé | 2,0 % | +1,0 % | Gel à 3 % alors que la formule donnait ~4 % |
| 2025 (févr.) | 2,40 % | 0,8 % | +1,6 % | Désinflation |
| 2025 (août) | 1,70 % | 0,9 % | +0,8 % | Baisse progressive |
| 2026 (févr.) | 1,50 % | 0,8 % | +0,7 % | Taux en vigueur |
En 2026, avec une inflation de 0,8 % en décembre 2025 (IPC hors tabac, source INSEE), le taux réel du Livret A est +0,7 %. Tu gagnes un peu de pouvoir d'achat, mais pas de quoi transformer ton épargne en patrimoine.
Comment le taux est calculé (et pourquoi il est parfois gelé)
La formule actuelle vient de l'arrêté du 14 juin 2018, applicable depuis le 1er février 2020 (puis ajustée par l'arrêté du 27 janvier 2021 pour passer de l'EONIA à l'€STR). Le nouveau taux correspond à la moyenne du taux €STR (le taux interbancaire de référence de la zone euro) et de l'inflation (IPC hors tabac, glissement annuel) sur les six derniers mois, avec un plancher de 0,50 %. La révision intervient deux fois par an, au 1er février et au 1er août.
Qui plus est, le gouvernement peut écarter la formule et fixer un taux différent en cas de circonstances exceptionnelles. C'est arrivé en août 2023 (gel à 3 % pendant 18 mois alors que la formule donnait 4,1 %, validé par le Conseil d'État) et de nouveau en février 2024. Le LEP a bénéficié d'un « coup de pouce » dans l'autre sens : sa formule donnait 1,9 % au 1er février 2026, mais le taux servi est de 2,50 % (source : Banque de France).
Les autres livrets réglementés en 2026 : LDDS à 1,50 %, CEL à 1 %, PEL ouverts depuis 2026 à 2 % (sources : Banque de France).
Où va vraiment ton argent ?
C'est le bloc que presque personne ne connaît. Quand tu verses 1 000 € sur ton Livret A, tu imagines peut-être un coffre à la banque. En réalité, ton argent part presque immédiatement en prêts. La loi impose aux établissements de centraliser une partie des encours à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).
La répartition 60 / 40
Sur le total des encours de Livret A et LDDS, 59,5 % est théoriquement centralisé à la CDC, soit 406,5 Md€ effectifs fin 2025. Les 40,5 % restants, environ 292 Md€, restent au bilan des banques commerciales (Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, Banque Populaire, Caisse d'Épargne, etc.).
- Caisse des Dépôts (logement social, collectivités)60%
- Banques (PME, transition, ESS)41%
Côté Caisse des Dépôts : le logement social d'abord
À la CDC, le Fonds d'épargne finance en priorité le logement social. Fin 2025, l'encours total des prêts du Fonds atteint 244,9 Md€, dont 203,4 Md€ dédiés à la cohésion sociale (logement social et politique de la ville), 28,8 Md€ au secteur public local et 10,5 Md€ au refinancement de la transition écologique (source : Caisse des Dépôts, rapport Fonds d'épargne 2025).
Côté flux, l'année 2025 a été un record historique : 41,7 Md€ de nouveaux prêts accordés, dont 22,9 Md€ au logement social (55 % de la production annuelle, soit 123 036 logements construits et 235 291 améliorés) et 9,5 Md€ aux collectivités territoriales. À cela s'ajoutent 15,7 Md€ qui concourent à la transition écologique, montant transversal réparti dans les autres lignes (rénovation énergétique HLM, équipements verts des collectivités…). La Banque des Territoires, filiale CDC, est ainsi le premier financeur du logement social en France.
En clair, ton Livret A finance massivement les HLM et la transition énergétique. Pas un fonds spéculatif.
Côté banques : PME et économie réelle
Les 40 % non centralisés servent à financer l'économie réelle via les bilans bancaires : prêts aux PME, au secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS), et des projets de transition énergétique dans le cadre des obligations légales de financement.
Du coup, ton Livret A ne dort pas dans un tiroir. Il construit des logements sociaux, des routes, des hôpitaux, et finance des entreprises de ton quartier. C'est aussi pour ça que le taux est réglementé et que le capital est garanti par l'État : tu prêtes à la collectivité, pas à un fonds spéculatif.
Pourquoi les Français y tiennent (et ce n'est pas le rendement)
Si tu demandes à dix Français pourquoi ils gardent leur Livret A, le mot « rendement » n'arrivera pas dans les trois premières réponses. Ce qui pèse vraiment, c'est la combinaison sécurité de l'État + retrait immédiat + fiscalité zéro + habitude familiale, dans cet ordre.
Le capital déposé est garanti par l'État au titre de l'épargne réglementée, pas du fonds de garantie des dépôts classique (qui plafonne à 100 000 € par banque). En cas de défaillance d'un établissement, tu récupères tes 22 950 € quoi qu'il arrive. Tu peux retirer à tout moment, sans frais ni préavis, le jour où le lave-linge lâche ou la voiture passe au contrôle technique. C'est la définition même de l'épargne de précaution.
Côté fiscalité, les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu (art. 157, 7° du CGI) et de prélèvements sociaux (hors assiette de l'art. L. 136-7 CSS). Pas de déclaration, pas de PFU (qui reste à 30 % de plein droit, projeté à 31,4 % avec la hausse PS à 18,6 % issue de la LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), pas concerné non plus par cette hausse sur les revenus du capital. Pour comprendre la logique inverse (ce qui est fiscalisé et pourquoi), la fiche abattement couvre les mécanismes d'exonération sur d'autres supports.
Reste l'argument culturel, qu'on a tendance à sous-estimer. Le Livret A s'ouvre souvent à la naissance, alimenté par grands-parents et oncles, conservé toute une vie. « Mets ça sur ton Livret A » est gravé dans la mémoire familiale. Beaucoup gardent un livret plein à 0,75 % par habitude, pas par calcul. Et c'est cohérent avec son rôle : ce qui doit dormir ne doit pas se faire remuer.
Les vraies limites du Livret A
Autant le défendre pour ce qu'il fait bien, autant être honnête sur ce qu'il ne fera jamais.
Un plafond de versement vite atteint
22 950 €, c'est peu. Un couple sans enfants peut théoriquement cumuler 45 900 € (deux Livrets A), plus 24 000 € de LDDS, plus 20 000 € de LEP si éligible. Mais pour un célibataire, le plafond est vite plein.
Une précision importante que beaucoup d'articles ratent : ce plafond limite uniquement tes versements, pas la rémunération. Si tes intérêts capitalisés portent le solde au-dessus de 22 950 €, le solde reste rémunéré dans son intégralité. La règle vient de l'article R. 221-2 du Code monétaire et financier. En clair : tu ne peux plus alimenter, mais ton compteur tourne sur tout le solde, intérêts inclus.
Un taux réel souvent décevant sur vingt ans
Sur la période 2005-2025, le Livret A a affiché un taux réel positif moins souvent qu'on ne le croit. Les années 2022-2023 ont été un carnage en pouvoir d'achat (−3,9 % et −3,3 %). Même en 2026, avec un taux réel de +0,7 %, tu ne rattrapes pas vingt ans de stagnation passée.
Le coût d'opportunité : un exemple chiffré (et nuancé)
Prenons 22 950 € (plafond plein) placés 20 ans sans autre versement, et regardons le résultat net après fiscalité, pas le brut.
| Scénario | Hypothèse | Capital final brut | Capital final net | Gain net |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,50 %/an, exonéré | 30 900 € | 30 900 € | +7 950 € |
| ETF Monde sur PEA | 7 %/an, retrait après 5 ans (PS 18,6 %) | 88 800 € | 76 700 € | +53 750 € |
| ETF Monde sur PEA | 5 %/an (scénario plus prudent) | 60 900 € | 53 800 € | +30 850 € |
L'écart net entre Livret A et ETF Monde sur PEA tourne donc autour de 23 000 à 46 000 € sur vingt ans selon l'hypothèse de rendement, pas 58 000 €. Ça reste considérable, mais l'ordre de grandeur change quand on met la fiscalité dans l'équation (prélèvements sociaux désormais à 18,6 % sur les plus-values du PEA après 5 ans depuis la LFSS 2026).
Trois choses à garder en tête avant d'extrapoler :
- Performance passée ≠ performance future. Le 7 %/an annualisé est une moyenne historique long terme du MSCI World ; sur 20 ans, des baisses de 30 à 50 % en cours de route sont statistiquement normales (2008 : −45 %, 2022 : −18 %, dot-com 2000-2003 : −40 %).
- Le PEA n'est pas du cash. Il est techniquement vendable en quelques jours, mais la valeur peut être en bas de cycle au moment où tu en as besoin. Donc pas pour l'urgence.
- Le Livret A n'est pas de l'argent perdu. Tu n'as pas « perdu 35 000 € », tu as choisi la tranquillité. C'est un service, pas une erreur, du moment que le matelas est dimensionné à ton vrai besoin.
Pour creuser le PEA et ses ETF éligibles, voir le guide PEA complet.
Le risque de gel politique
Le gel décidé en août 2023 et confirmé en février 2024 l'a montré : le gouvernement peut figer le taux au-dessus ou en dessous de ce que la formule produit. C'est une épée à double tranchant. Cette fois, le gel à 3 % a privé d'une hausse théorique vers 4 %, mais a tenu le taux réel positif quand l'inflation s'est calmée en 2024. À l'inverse, un gouvernement pourrait demain maintenir un taux bas pour limiter la charge budgétaire du logement social, même si l'inflation remontait. Tu n'as aucun recours : le Conseil d'État a validé la pratique en 2024 (déc. n° 475953).
Quand garder son Livret A, quand chercher mieux
Pas besoin de tout vider. Le Livret A a sa place, mais elle est bornée, et la borne dépend de ton horizon, de ta stabilité de revenus et de ton âge.
Dimensionner ton matelas selon ton profil
La règle « 3 à 6 mois de charges » est une fourchette de départ, pas un dogme. Pour la méthode détaillée (charges fixes vs variables, où placer le matelas, quand basculer le surplus en investissement), notre guide épargne de précaution : combien garder avant d'investir creuse la question. À ajuster selon ton profil :
- CDI stable, conjoint actif, sans crédit lourd : 3 mois de charges suffisent souvent.
- Indépendant, intermittent, freelance, revenus variables : 9 à 12 mois sont raisonnables.
- Famille avec enfants en bas âge, propriétaire avec crédit : 6 mois minimum, davantage si peu d'autres réserves.
- Pré-retraité (50-65 ans) : 2 à 4 ans de charges en livrets pleins est un choix très défendable. À cet horizon, le risque de séquence (grosse baisse de marché juste avant la retraite) pèse plus lourd que le rendement perdu sur un PEA. Garder un Livret A plein à 58 ans n'est pas un échec patrimonial, c'est de l'assurance.
- Senior retraité : le Livret A reste un coussin pertinent ; les arbitrages se font surtout sur l'assurance-vie et les SCPI.
Le cadre simple par horizon
| Situation | Où mettre l'argent |
|---|---|
| Fonds d'urgence (3-12 mois de charges selon profil) | Livret A (ou LEP en priorité si éligible) |
| Plafond Livret A plein, jeune ou pré-retraité prudent | LDDS (12 000 €), puis LEP si éligible |
| Projet à 1-3 ans, capital connu | Compte à terme (taux boostés banques en ligne, 3-4 % en 2026) |
| Aversion au risque, horizon 8 ans+ | Assurance-vie fonds euros |
| Horizon 8 ans+ et tolérance au risque | PEA avec ETF Monde |
| Recherche de revenus réguliers (et patrimoine déjà constitué) | Actions aristocrates dividendes, vivre de ses dividendes |
Tableau comparatif des alternatives
| Placement | Taux 2026 | Plafond | Liquidité | Risque | Pour qui |
|---|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,50 % | 22 950 € | Immédiate | Aucun | Fonds d'urgence |
| LDDS | 1,50 % | 12 000 € | Immédiate | Aucun | Complément Livret A |
| LEP | 2,50 % | 10 000 € | Immédiate | Aucun | Foyers éligibles (RFR) |
| Fonds euros AV | 2,5-4 % | Aucun | 3-5 jours | Très faible | Patient 8 ans+ |
| Compte à terme | 3-4 % | Aucun | Bloquée | Très faible | Projet 1-3 ans |
| ETF Monde (PEA) | 7-8 %/an (historique, performance passée ≠ future) | 150 000 € | Vendable rapidement, mais volatil | Élevé (drawdowns possibles -30 à -50 %) | Long terme 8 ans+ avec tolérance au risque |
Le LEP à 2,50 % bat le Livret A sur le papier, mais il est réservé aux foyers sous un plafond de revenus. Si tu y es éligible, commence par le remplir avant le Livret A.
L'assurance-vie en fonds euros offre un rendement supérieur (2,5 à 4 % selon les contrats en 2026) avec un risque très faible, mais les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis la LFSS 2026, contre 0 % sur le Livret A). L'arbitrage dépend de ton horizon et de ta fiscalité.
Pour le long terme, le PEA reste l'enveloppe reine : exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, frais bas chez les courtiers en ligne, accès aux ETF Monde éligibles. Ce n'est pas comparable au Livret A : ce sont deux outils complémentaires, pas concurrents.
Outils pour calculer ton rendement
À 1,50 %, l'effet boule de neige est minime. Le simulateur ci-dessous te montre ce que donnerait un versement initial de 5 000 € complété de 100 € par mois sur vingt ans. À vue de nez, le résultat ne fera pas trembler ton banquier.
Simulateur d'intérêts composés
Rendement 2026Capital final estimé
50 754 €
au bout de 20 ans à 7 % de rendement annuel
- Total versé
- 24 000 €
- Intérêts générés
- 26 754 €
- Multiplicateur
- ×2,11
Méthode : capitalisation mensuelle au taux équivalent (1 + r_annuel)1/12 − 1, versement à la fin de chaque mois. Hors frais (TER ETF, courtage), fiscalité et inflation.
La courbe ne tient pas compte de la volatilité réelle des marchés : un rendement constant est une vue de l'esprit. Pour aller plus loin, voir le guide investir 100 € par mois et comprendre les ETF.
À titre de comparaison, le même scénario à 7 %/an annualisé sur un ETF Monde dans un PEA produirait un capital final environ deux fois supérieur en net (autour de × 1,8 à × 2 selon la fiscalité), après prélèvements sociaux. La différence se creuse avec le temps : c'est l'intérêt composé qui fait le travail, pas le taux nominal affiché. À condition d'accepter la volatilité, et d'avoir l'horizon long pour que les drawdowns ne te forcent pas à vendre au mauvais moment. Pour creuser la mécanique et les supports, notre guide PEA complet détaille l'ouverture, la fiscalité et les ETF éligibles.
FAQ Livret A 2026
Quel est le taux du Livret A en 2026 ?
1,50 % depuis le 1er février 2026. La prochaine révision est prévue au 1er août 2026. Sources : Banque de France, economie.gouv.fr.
Quel est le plafond du Livret A ?
22 950 € par personne physique. Les associations peuvent détenir jusqu'à 76 500 €. Le LDDS ajoute 12 000 € de capacité supplémentaire.
Où va l'argent de mon Livret A ?
Environ 60 % part à la Caisse des Dépôts (logement social, collectivités, transition écologique), 40 % reste chez les banques (prêts PME, ESS, transition). Source : Caisse des Dépôts, rapport 2025.
Le Livret A est-il imposé ?
Non. Intérêts totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Pas de déclaration à faire.
Livret A ou PEA : que choisir ?
Le Livret A pour ton matelas de sécurité. Le PEA pour faire croître ton patrimoine sur le long terme. Les deux ne s'opposent pas : tu commences par le premier, tu investis le surplus dans le second.
Peut-on cumuler Livret A, LDDS et LEP ?
Oui. Un seul Livret A par personne, mais tu peux ajouter un LDDS (12 000 €) et un LEP (10 000 € si éligible). Total possible : 44 950 € d'épargne réglementée défiscalisée pour une personne éligible au LEP.
Ce qu'il faut retenir
Le Livret A, honnêtement, c'est surtout un coussin. Pas sexy, pas dangereux, pas le truc qui va te faire passer cadre supérieur fortuné. Mais le coussin est confortable : capital garanti par l'État, retrait quand tu veux, fiscalité zéro. Et deux siècles au compteur sans le moindre accroc. Sur ce créneau précis, rien ne le bat en France.
Ça ne fait pas de lui un placement pour autant. À 1,50 % en 2026, et même avec un taux réel positif de 0,7 %, tu n'es pas en train de construire un patrimoine, tu le ranges au sec. Le plafond de 22 950 € et le manque à gagner sur 20 ans face à un PEA en ETF Monde le rappellent sans détour : 30 900 € côté livret, 70-80 000 € net côté PEA dans une moyenne historique (et avec de la volatilité, donc à condition d'avoir l'horizon et le caractère pour la digérer).
Premier réflexe : est-ce que je pourrais avoir besoin de cet argent dans les 6 à 24 prochains mois ? Si oui, Livret A, point. Le reste dépend d'une autre question, plus dure : ton vrai horizon sur le surplus, et est-ce que tu dors bien si ça baisse de 30 % temporairement. Si l'horizon dépasse 8 ans et que le caractère suit, le PEA prend le relais. Sinon, fonds euros d'assurance-vie ou compte à terme. Et à 5-10 ans de la retraite, garder son livret plein n'a rien d'un échec : c'est souvent le meilleur choix.
Pour aller plus loin sur la répartition, notre outil cascade d'enveloppes optimale te dit précisément combien laisser sur Livret A et combien basculer sur PEA ou assurance-vie selon ton capital, ton horizon et ton revenu fiscal de référence.
Questions fréquentes
Quel est le taux du Livret A en 2026 ?
Le taux du Livret A est de 1,50 % depuis le 1er février 2026, après une période à 1,70 % entre août 2025 et janvier 2026. Il est révisé deux fois par an (1er février et 1er août) selon une formule basée sur l'inflation et le taux €STR, avec un plancher de 0,50 %, mais le gouvernement peut décider de geler ou d'ajuster le taux. Sources : Banque de France, economie.gouv.fr.
Quel est le plafond du Livret A en 2026 ?
Le plafond de versement est de 22 950 € pour une personne physique, inchangé en 2026 (76 500 € pour les associations éligibles). Attention : ce plafond limite uniquement les versements, pas la rémunération. Si tes intérêts capitalisés portent ton solde au-dessus de 22 950 €, l'intégralité du solde continue de produire des intérêts au taux en vigueur (R. 221-2 CMF). Source : service-public.fr.
Où va l'argent déposé sur un Livret A ?
Environ 60 % des encours de Livret A et LDDS est centralisé à la Caisse des Dépôts (406,5 Md€ effectifs fin 2025), qui finance surtout le logement social, les collectivités et la transition écologique. Les 40 % restants (~292 Md€) restent au bilan des banques, qui les utilisent pour des prêts aux PME, à l'économie sociale et solidaire et à la transition énergétique. Source : Caisse des Dépôts, rapport Fonds d'épargne 2025.
Le Livret A est-il imposé ?
Non. Les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu (art. 157, 7° du CGI) et de prélèvements sociaux (hors assiette de l'art. L. 136-7 CSS). Tu n'as rien à déclarer. Le Livret A n'est pas concerné par le PFU (légalement à 30 %, projeté à 31,4 % à compter de la LFSS 2026 du fait de la hausse des PS à 18,6 %), ni par cette hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital. Voir notre fiche sur les prélèvements sociaux pour le détail.
Livret A ou PEA : lequel choisir ?
Ce n'est pas le même objet. Le Livret A sert à l'épargne de précaution : capital garanti, liquidité immédiate, rendement faible (1,50 % en 2026). Le PEA sert à investir en actions et ETF sur le long terme, avec un risque de perte mais un rendement potentiel bien supérieur. La logique : constituer d'abord ton matelas de sécurité sur livrets réglementés, puis orienter le surplus vers un PEA si ton horizon dépasse 8 ans et que tu acceptes la volatilité (drawdowns possibles de 30 à 50 % en cours de route).
Peut-on avoir plusieurs Livrets A ?
Non. Chaque personne physique ne peut détenir qu'un seul Livret A, quel que soit l'établissement. En revanche, tu peux cumuler un Livret A (22 950 €), un LDDS (12 000 €) et un LEP (10 000 € si éligible), soit jusqu'à 44 950 € d'épargne réglementée défiscalisée pour un foyer éligible au LEP.

