Sommaire · Calculateur cascade
Cascade d'enveloppes optimale
Fiscalité 2026L'ordre optimal pour remplir Livret A, LEP, LDDS, PEA, AV et CTO selon ton profil. Calculs locaux, fiscalité LFSS 2026.
RFR de l'avis d'imposition. Détermine ton éligibilité au LEP (seuil 2026 : 23 028 € seul / 35 326 € couple).
Ta TMI marginale (taux du prochain euro gagné). À partir de 30 %, le PER devient un vrai levier fiscal.
✓ Stratégie cascade (recommandée)
248 608 €
au bout de 15 ans, soit +108 608 € de gain net sur 140 000 € versés.
Chiffres nominaux et lissés. Sur un horizon long, on traverse historiquement au moins une baisse de 30 à 50 % avant de revenir au-dessus, et l'inflation rogne 1,5 à 2 % par an le pouvoir d'achat de cette somme.
Comparé au scénario « capital qui dort »
145 743 €
soit seulement +5 743 € de gain net
Référence : Livret A rempli au plafond (1,5 %), surplus et versements ultérieurs sur compte courant (0 %). À noter : la majeure partie de l'écart ci-dessous tient à l'exposition aux marchés (PEA en actions vs cash), pas seulement à l'ordre des enveloppes. La fiscalité optimale ajoute quelques milliers d'euros par-dessus.
La cascade ressort +102 865 € au-dessus de cette référence, pour exactement 140 000 € versés.
Ta cascade ordonnée
Matelas de précaution cible : 10 000 € (heuristique ~6 mois de charges courantes).
- 10 000 €one-shot1,5 % rendement netPlafond : 22 950 €Fiscalité : Exonéré IR + PS
Matelas de précaution (3 à 6 mois de charges) : la part liquide qui te dispense de toucher à tes ETF en pleine baisse pour faire face à un imprévu.
- 40 000 €one-shot+ 90 000 €versés500 €/mois6,8 % rendement netPlafond : 150 000 €Fiscalité : IR exonéré après 5 ans, PS 18,6 % au retrait
Enveloppe la plus efficace pour un horizon long. Prise de date à 5 ans pour activer l'exonération d'impôt sur le revenu.
Projection sur 15 ans : cascade vs scénarios alternatifs
Méthode: capital one-shot distribué selon l'ordre de priorité (LEP si éligible → Livret A → LDDS → PEA si horizon ≥ 5 ans → Assurance-vie → CTO). Versement mensuel (500 €/mois) dirigé vers PEA + ETF Monde. Hypothèses long terme : MSCI World 7 % brut/an net de dividendes réinvestis (série EUR 1994-2024) avec TER 0,20 % ; assurance-vie multisupport 4 % brut/an, hypothèse mix ≈ 50 % fonds € (≈ 2,5 % net) + 50 % UC actions (≈ 5,5 % brut), frais de gestion 0,7 % sur UC inclus ; fiscalité de sortie LFSS 2026 (PS 18,6 % sur PEA après 5 ans, 17,2 % préservé sur AV et fonds €, PFU 31,4 % sur CTO). Net AV après 8 ans = PS 17,2 % + IR 7,5 % sur la fraction des gains excédant l'abattement annuel (4 600 € seul / 9 200 € couple), qui se reconstitue chaque année. Scénario de référence « capital qui dort » : Livret A rempli au plafond (22 950 € seul / 45 900 € couple) à 1,5 %, puis surplus et versements ultérieurs sur compte courant à 0 %. Cette référence cumule deux effets (mauvais ordre + cash au lieu d'actions) ; la fiscalité optimale, isolément, ne représente que quelques pour cent du gain affiché.
Modèle pédagogique : rendements moyens, hors volatilité, hors inflation, hors couche Cotisation Subsidiaire Maladie pour les rentiers sans revenus d'activité. Le PER n'est pas dans la cascade par défaut : coche « Je veux aussi préparer ma retraite » (visible si TMI ≥ 30 %) pour l'activer. Côté résidence fiscale : LEP et PEA supposent une domiciliation en France à l'ouverture ; un PEA déjà ouvert peut être conservé en cas d'expatriation hors État ou Territoire Non Coopératif, et l'alimentation pendant l'expatriation reste possible en droit (la loi PACTE 2019 a surtout assoupli les retraits après 5 ans et créé le PER), mais en pratique elle dépend du courtier (KYC/MiFID, blocages fréquents hors UE). Le Livret A reste accessible aux non-résidents. Voir prélèvements sociaux 2026 et guide complet du PEA.
Petit lexique pour décoder les sigles
Tous les acronymes que tu croises sur cette page, en une phrase chacun. Clique sur un terme pour la fiche complète.
- PEA
- Plan d'épargne en actions. Enveloppe fiscale française, plafond 150 000 €, 0 % d'impôt sur le revenu après 5 ans.
- PER
- Plan d'épargne retraite. Versements déductibles du revenu imposable, capital ou rente bloqués jusqu'à la retraite.
- AV
- Assurance-vie : enveloppe multisupport (fonds €, UC), abattement annuel après 8 ans, transmission privilégiée.
- CTO
- Compte-titres ordinaire. Pas de plafond, pas d'avantage fiscal : tout est imposé au PFU 31,4 %.
- PS
- Prélèvements sociaux (CSG, CRDS, solidarité). 18,6 % sur PEA et CTO depuis la LFSS 2026, 17,2 % préservés sur AV et fonds €.
- IR
- Impôt sur le revenu. Calculé par tranches selon le revenu net imposable par part de quotient familial.
- PFU
- Prélèvement forfaitaire unique, alias flat tax. 31,4 % au total = 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS.
- TMI
- Tranche marginale d'imposition (0 / 11 / 30 / 41 / 45 %). C'est le taux qui s'applique au prochain euro gagné.
- RFR
- Revenu fiscal de référence. Sert d'éligibilité au LEP et à plusieurs aides ; à ne pas confondre avec la TMI.
- ETF
- Tracker indiciel : un panier qui contient un petit bout de centaines d'entreprises, échangé en Bourse comme une action.
- DCA
- Dollar Cost Averaging : verser un montant fixe à intervalle régulier, sans chercher à anticiper le marché.
- TER
- Total Expense Ratio: frais annuels d'un ETF, ici 0,20 % pour un Amundi PEA MSCI World.
- CSM
- Cotisation Subsidiaire Maladie. 6,5 % sur les revenus du capital quand tes revenus d'activité sont inférieurs à 20 % du PASS (cas FIRE / rente).
- PASS
- Plafond Annuel de la Sécurité sociale. Référence pour les plafonds de cotisations et de versements (PER notamment). 48 060 € en 2026 (PMSS 4 005 € × 12, arrêté du 22 décembre 2025).
Comment fonctionne la cascade d'enveloppes
La cascade d'enveloppes, c'est l'idée qu'avant d'ajouter un euro dans un produit fiscalement coûteux, tu remplis d'abord les produits qui te coûtent zéro impôt. Tu vas du moins fiscalisé (LEP, Livret A, LDDS) au plus fiscalisé (compte-titres ordinaire), en passant par les enveloppes fiscales structurantes (PEA, assurance-vie).
Pourquoi cet ordre marche ? Parce que la fiscalité française rend chaque euro placé inégalement productif. Un euro de plus-value sur Livret A te rapporte 100 % du gain. Un euro de plus-value sur CTO te rapporte 68,6 % (PFU 31,4 %). Pour un même rendement brut de 7 %, tu obtiens 7 % net sur Livret A (mais ce taux est plafonné à 1,5 %), et seulement 4,8 % net sur CTO. Bref, choisir où tu loges ton argent compte presque autant que ce que tu y mets.
La cascade automatise donc une règle simple : à chaque étape, tu remplis l'enveloppe qui te donne le meilleur ratio rendement / fiscalité, jusqu'à son plafond. Quand tu butes sur le plafond, tu passes à la suivante. Le résultat : pour un même capital placé pendant 20 ans, la cascade optimale peut générer plusieurs dizaines de milliers d'euros de plus que « tout sur Livret A » ou « tout sur CTO ».
Dans quel ordre remplir ses enveloppes en 2026
L'ordre que l'outil applique automatiquement, dans le détail :
- LEP en premier si tu es éligible. Le Livret d'Épargne Populaire sert 2,5 % nets garantis, contre 1,5 % au Livret A. Plafond 10 000 €. Conditions : RFR ≤ 23 028 € seul ou ≤ 35 326 € en couple en 2026(source service-public.fr). Si tu rentres dans les clous, c'est le meilleur livret défiscalisé du marché : la priorité est nette tant qu'il n'est pas plein.
- Livret Aensuite, jusqu'à constituer ton matelas de précaution. La règle pratique : 3 à 6 mois de charges courantes, soit 5 000 à 10 000 € pour un foyer médian. Si tu n'as pas de LEP, tu vises directement ton matelas sur Livret A. Capital garanti par l'État et dispo en 24 h, sans un centime d'impôt. Plafond : 22 950 € (taux 1,5 % depuis le 1ᵉʳ février 2026, source Banque de France).
- LDDS(Livret de Développement Durable et Solidaire) si tu veux pousser ton matelas au-delà du plafond Livret A. Mêmes conditions, même taux 1,5 % net, plafond séparé de 12 000 €. C'est le double-fond du Livret A.
- PEA + ETF Monde dès lors que ton horizon est ≥ 5 ans. Le PEAest l'enveloppe la plus efficace pour la croissance long terme : pas d'IR après 5 ans (seulement les PS 18,6 %), un plafond confortable de 150 000 € (300 000 € à deux dans un foyer pacsé / marié, chacun son PEA). La brique unique recommandée : un ETFcapitalisant Monde (typiquement un Amundi PEA MSCI World, cité à titre d'exemple, sans lien commercial). TER ≈ 0,20 %, diversification automatique sur ≈ 1 300 entreprises mondiales. Un BNP Easy S&P 500 reste une option mais avec ≈ 500 valeurs 100 % US.
- Assurance-vie multisupportau-delà du plafond PEA, ou en parallèle si tu veux prendre date tôt. L'assurance-vie conserve les prélèvements sociaux à 17,2 % (contre 18,6 % sur PEA et CTO depuis la LFSS 2026), et te débloque un abattement annuel après 8 ans (4 600 € seul, 9 200 € couple ; art. 125-0 A du CGI). Avantage de transmission en plus : 152 500 € exonérés par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans (art. 990 I du CGI).
- Compte-titres ordinaire en dernier recours, sans plafond mais avec une fiscalité lourde (PFU 31,4 %). Utile pour les supports non éligibles au PEA (actions US directes, certains ETF globaux non UCITS), ou quand toutes les autres enveloppes sont pleines. Voir notre comparatif CTO pour le choix du courtier.
Le PER (Plan Épargne Retraite) s'insère entre le PEA et l'assurance-vie quand tu coches « Je veux aussi préparer ma retraite » dans l'outil. La case n'apparaît qu'à partir d'une TMI marginale de 30 % : en dessous, l'avantage fiscal est trop faible pour compenser le blocage jusqu'à la retraite. À TMI 30 %, chaque 1 000 € versé sur PER te fait économiser 300 € d'IR immédiatement ; à TMI 41 %, 410 € ; à TMI 45 %, 450 €. Le levier net dépend du différentiel TMI entrée vs TMI sortie (typiquement 1 cran de baisse à la retraite).
Livret A, LEP, LDDS, PEA, assurance-vie : laquelle d'abord ?
Le tableau qui suit récapitule les six enveloppes principales avec leurs taux nets théoriques, leurs plafonds et leurs cas d'usage. Tous les chiffres sont à jour de la LFSS 2026.
| Enveloppe | Taux net | Plafond | Liquidité | Quand |
|---|---|---|---|---|
| LEP | 2,5 % | 10 000 € | Immédiate | Si éligible RFR (toujours en 1er) |
| Livret A | 1,5 % | 22 950 € | Immédiate | Matelas + complément LEP |
| LDDS | 1,5 % | 12 000 € | Immédiate | Double-fond Livret A |
| PEA | ≈ 5,7 %* | 150 000 € | 5 ans (fiscalité) | Horizon ≥ 5 ans, ETF Monde |
| Assurance-vie | ≈ 3,3 %* | Aucun | 8 ans (abattement) | Au-delà PEA + transmission |
| CTO | ≈ 4,8 %* | Aucun | Immédiate | Reliquat / supports non PEA |
* Taux nets après fiscalité de sortie pour un horizon long (PEA après 5 ans, AV après 8 ans). Hypothèses : ETF Monde 7 % brut − 0,20 % TER pour PEA et CTO ; AV 4 % brut frais inclus, hypothèse mix ≈ 50 % fonds € (≈ 2,5 % net) + 50 % UC actions (≈ 5,5 % brut), frais de gestion 0,7 % sur UC inclus. Le graphique interactif, lui, affiche les trajectoires brutes de fiscalité de sortie(≈ 6,8 % net de frais sur le PEA, avant PS 18,6 %) : c'est la courbe de capital pendant la phase de capitalisation. Le tableau ci-dessus présente l'équivalent aprèsfiscalité de sortie. Les deux conventions répondent à des questions différentes (« combien j'ai sur mon compte avant retrait » vs « combien il me reste après impôts »).
En pratique : les trois livrets réglementés (LEP, Livret A, LDDS) battent largement la fiscalité de toute autre enveloppe sur leurs plafonds, mais leur capacité par personne reste limitée (≈ 45 000 € si tout est plein, doublé en couple où chacun ouvre les siens, soit ≈ 90 000 € au foyer). Au-delà, le PEA prend la relève comme moteur de croissance long terme. L'assurance-vie devient pertinente après les 150 000 € de PEA, ou pour des objectifs spécifiques (transmission, fonds €). Le CTO ferme la marche.
Combien placer dans chaque enveloppe selon ton profil
Quatre paramètres font vraiment basculer l'allocation :
- Le capital initial: tant que les livrets réglementés ne sont pas calibrés sur le matelas, ouvrir un PEA pour 200 € n'a pas de sens. Le PEA devient pertinent à partir d'un capital disponible de 1 000 à 5 000 € au moins, sinon les frais fixes (transaction, garde) érodent le rendement.
- L'horizon: sous 5 ans, on reste sur des supports liquides à capital garanti. Le PEA se débloque fiscalement à 5 ans (avant, c'est le PFU 31,4 % comme un CTO classique). Au-delà de 8 ans, l'assurance-vie tire son épingle du jeu grâce à l'abattement annuel.
- La TMI marginale: à TMI 0 % ou 11 %, le PER n'a quasiment aucun intérêt et le PFU 31,4 % du CTO peut même être supérieur à ta TMI réelle (option « barème progressif »). À TMI 30 % ou plus, le PER devient un vrai levier. À TMI 41-45 %, il passe en priorité après les livrets pour la part « épargne retraite ». La TMI se lit sur le revenu net imposable par part de quotient familial, pas sur le RFR.
- Le revenu fiscal de référence: seuil d'éligibilité au LEP (23 028 € seul / 35 326 € couple en 2026). Au-delà, tu n'y as pas droit.
L'outil tient compte de ces paramètres automatiquement. Pour aller plus loin sur l'effet horizon, voir notre simulateur d'intérêts composés.
Cas concret : où placer 10 000 € en 2026
Profil : 30 ans, célibataire, RFR 28 000 € (au-dessus du seuil LEP), CDI stable, horizon 15 ans. Capacité d'épargne mensuelle de 200 €.
L'argent se répartit comme suit :
- 5 000 € sur Livret A en matelas de précaution (≈ 4 mois de charges courantes).
- 5 000 € sur PEA investis en ETF Monde (Amundi PEA MSCI World ou équivalent), en achat unique au lancement.
- 200 €/mois sur PEA en DCA, virement automatique le 5 du mois pour lisser le prix d'achat.
À 15 ans, avec ≈ 6,8 % net de frais sur le PEA et 1,5 % sur le Livret A, le capital total estimé tourne autour de ≈ 80 000 € brut, dont ≈ 6 250 € sur Livret A et ≈ 73 700 € sur PEA. Après PS 18,6 % sur les gains PEA, il reste de l'ordre de ≈ 73 000 € net. Le même scénario tout-Livret-A produirait ≈ 52 700 €, soit un écart proche de 20 000 € sur 15 ans. À nuancer : la majeure partie de cet écart vient de l'exposition aux marchés (PEA en ETF vs Livret A), pas seulement de la fiscalité optimale ; la contribution propre de l'ordre des enveloppes ressort à quelques milliers d'euros sur 15 ans.
Erreur à éviter ici : ouvrir une assurance-vie tout de suite pour ces 10 000 €. Sur ce capital, les frais de gestion sur UC (0,5 à 0,9 % par an) coûtent plus cher que ce qu'ils rapportent, alors qu'un PEA chez un courtier en ligne s'en passe. La solution : ouvrir l'AV à 100 € symboliques en parallèle pour démarrer le compteur des 8 ans, sans plus.
Cas concret : où placer 50 000 € en 2026
Marc et Léa, 38 ans, viennent de cumuler 50 000 € : un peu d'épargne et le solde d'une assurance-vie ouverte par les parents. Pas d'enfants pour l'instant, RFR foyer 62 000 €, horizon 20 ans, capacité d'épargne 800 €/mois. La question qui les a fait atterrir ici : « on ouvre le PEA tout de suite ou on attend ? ».
Découpage retenu : 10 000 € restent en Livret A, leur matelas (≈ 5 mois sur des charges foyer de 2 000 €/mois). Les 40 000 € restants partent sur le PEA, en quatre versements de 10 k€ étalés sur six mois pour lisser le point d'entrée, investis en ETF Monde capitalisant pour éviter le frottement fiscal sur les dividendes. Les 800 €/mois alimentent ensuite le PEA en DCA jusqu'à saturer le plafond (autour de l'an 11-12), puis basculent sur l'assurance-vie. Et le jour J, ils ouvrent une AV en ligne avec 100 € symboliques pour lancer le compteur des 8 ans : quand le PEA saturera, le contrat aura déjà plus de dix ans d'antériorité.
Sur 20 ans, à la louche : ≈ 530 000 € brutau total, répartis entre Livret A (≈ 13 500 €), PEA saturé qui capitalise sur la fin (≈ 418 000 €) et AV qui prend le relais à partir de l'an 11 (≈ 96 000 €). Après fiscalité de sortie (PS 18,6 % sur PEA ; PS 17,2 % + IR 7,5 % au-delà de l'abattement annuel sur l'AV après 8 ans, étalé sur plusieurs rachats), il reste de l'ordre de ≈ 470-480 000 € net. Le même scénario tout-Livret-A plafonnerait à ≈ 290 000 €, soit un écart proche de 180 000 € sur 20 ans : la moitié vient de l'exposition aux marchés (PEA en actions vs cash), l'autre moitié de l'ordre des enveloppes et de la fiscalité optimisée.
Note méthode :ces chiffres reposent sur une projection manuelle qui modélise la bascule PEA → AV à saturation du plafond, ce que l'outil interactif ne fait pas en V1 (il garde le PEA comme cible des versements mensuels). En saisissant ce profil dans l'outil, le total brut affiché sera donc plus optimiste sur la part PEA et minorera la part AV.
Cas concret : où placer 100 000 € en 2026
Profil plus dense : couple à 45 ans, deux enfants, RFR foyer 95 000 € (TMI marginale 30 %), horizon 18 ans avant la retraite à 63 ans, capacité d'épargne 1 500 €/mois après un héritage récent. À cette TMI, le PER cesse d'être un détail : il devient un levier fiscal frontal.
L'allocation se construit sur cinq blocs :
- 10 000 € sur Livret A pour le matelas (4 mois sur les charges du foyer).
- 12 000 € sur LDDS, si la capacité défiscalisée n'a pas encore été utilisée.
- 78 000 € sur le PEA, en ETF Monde, étalés sur six mois (versements de 13 k€) pour limiter le risque de séquence.
- 1 000 €/mois sur PEA en DCA, jusqu'à saturation du plafond 150 k€ vers l'an 6. Au-delà, ces 1 000 €/mois basculent sur l'assurance-vie.
- 500 €/mois sur un PER individuel : à TMI 30 %, c'est 150 € d'IR économisés par mois, soit 1 800 €/an. Sur 18 ans, on parle de ≈ 32 400 €récupérés à réinvestir. Attention toutefois : le PER n'est pas un cadeau mais un report d'imposition. À la sortie, le capital ressort imposé au barème et les gains au PFU. Le vrai gain net est le différentiel de TMI entrée/sortie, pas les 300 € secs par 1 000 € versés ; et il suppose que les 150 €/mois d'IR économisés sont eux aussi réinvestis (sinon le PER se résume à de l'épargne forcée bloquée). À TMI de sortie identique à la TMI d'entrée, le PER reste gagnant grâce à la capitalisation de cette économie ; il devient perdant si la TMI remonte à la sortie.
À 18 ans, l'empilement total dépasse les ≈ 840 000 € brut: ≈ 28 800 € sur les livrets, ≈ 434 000 € sur le PEA (saturé puis capitalisant), ≈ 180 000 € sur l'AV (versements post-saturation) et ≈ 197 000 € sur le PER. Après fiscalité de sortie, il reste de l'ordre de ≈ 720 000 € net, contre ≈ 491 000 € pour le scénario tout-Livret-A, soit ≈ 230 000 € grâce à l'ordre des enveloppes. Et l'ouverture précoce d'une AV (même à 100 €) reste critique : elle prendra le relais à partir de l'an 6, et ses PS préservés à 17,2 % (vs 18,6 % en PEA) comptent vraiment sur la dernière décennie.
Note méthode :comme pour le cas 50 k€, ces chiffres modélisent à la main la bascule PEA → AV à saturation, ce que l'outil interactif ne fait pas en V1. Le PER, lui, est désormais intégré dans le moteur (coche « Je veux aussi préparer ma retraite » dès TMI ≥ 30 %), avec calibrage automatique du flux mensuel et imposition de sortie modélisée. La sortie est fractionnée sur 5 ans et la TMI de sortie est par défaut un cran sous l'actuelle (paramétrable). Hypothèse à reconsidérer si tu cumules emploi-retraite ou tires une rente importante.
Erreurs classiques à éviter
- Laisser 30 000 € dormir sur Livret A à 28 ans avec un horizon de 20 ans. C'est la plus fréquente. À 1,5 % net contre ≈ 5,7 % net en PEA, c'est plusieurs dizaines de milliers d'euros de capital final qui s'évaporent. Le Livret A reste un matelas, pas un placement long terme.
- Ouvrir une assurance-vie « par défaut » avant le PEA. Les frais de gestion sur UC (0,5 à 0,9 % par an) creusent l'écart sur 20 ans, là où un PEA chez un courtier en ligne se contente de 0,5 à 1 € par transaction. Sur les premiers 150 k€, le PEA l'emporte très souvent face à une AV multisupport grand public, sauf usage spécifique (transmission, fonds €).
- Stock-picker en CTO avant d'avoir saturé son PEA. La fiscalité PFU 31,4 % coûte ≈ 1,5 point de rendement annuel par rapport au PEA après 5 ans : sur 20 ans, c'est environ +30 % de capital final perdu, pour le seul motif de l'enveloppe choisie.
- Négliger d'ouvrir une assurance-vie tôt. Un contrat à 100 € à 25 ans suffit : le compteur des 8 ans court à partir de l'ouverture, indépendamment des versements ultérieurs. À 33 ans, l'abattement annuel est déjà à plein régime.
- Investir tout son capital en bourse d'un coup après une longue phase de hausse. Le risque de séquence des rendements (acheter au pire moment) est concret ; étaler en DCA sur 6 à 12 mois pour lisser le prix d'entrée, en particulier quand le capital pèse plus d'un an de salaire.
- Ignorer la Cotisation Subsidiaire Maladie (CSM) en cas de FIRE ou de rente. Sans revenus d'activité (en pratique inférieurs à 20 % du PASS), un foyer peut être redevable de 6,5 % sur la fraction de ses revenus du capital qui dépasse 50 % du PASS, soit ≈ 24 030 € en 2026. À budgéter dans la cible.
- Comparer un livret bancaire boosté à un PEA long terme. 4 % pendant 3 mois sur un livret promo, ce n'est pas 4 % par an, c'est 1 % sur l'année. Un PEA en ETF Monde tourne historiquement autour de 5 à 7 % par an sur 20-30 ans, avec de la volatilité. Pas la même échelle.
Aller plus loin
- Guide complet du PEA: l'enveloppe pivot pour la croissance long terme.
- Guide complet du Livret A : pour bien dimensionner ton matelas de précaution.
- Comprendre les ETF : la brique unique recommandée pour le PEA.
- Simulateur d'intérêts composés : pour tester d'autres scénarios de croissance pure.
- Calculateur FIRE: si tu vises l'indépendance financière, combine cet outil avec la cascade.
Questions fréquentes
Faut-il vider son Livret A pour basculer sur le PEA ?
Non. Tu gardes 3 à 6 mois de charges courantes (≈ 5 000 à 10 000 €) sur Livret A. C'est le matelas qui t'évite de vendre tes ETF en bas de cycle pour payer une chaudière qui lâche. Le surplus, lui, va au PEA car la fiscalité (PS 18,6 % au retrait après 5 ans, IR exonéré) bat le Livret A sur tout horizon ≥ 5 ans, en moyenne.
LEP ou Livret A : lequel d'abord ?
LEP en premier si tu es éligible (RFR ≤ 23 028 € seul, 35 326 € en couple en 2026, source service-public.fr). Tu obtiens 2,5 % nets garantis contre 1,5 % au Livret A, soit +1 point net sans risque. Plafond LEP : 10 000 €. Une fois plein, tu enchaînes sur le Livret A puis le LDDS.
Pourquoi le PEA avant l'assurance-vie ?
Sur les premiers 150 000 €, le PEA est presque toujours préférable. Sa fiscalité est plus douce : 0 % d'IR après 5 ans (art. 157, 5° bis du CGI), contre 7,5 % en AV après 8 ans (art. 125-0 A du CGI). Les frais sont aussi plus légers : un PEA chez un courtier en ligne ne facture pas de droits de garde, là où une AV multisupport ponctionne 0,5 à 0,9 % par an sur les UC. Côté supports, le PEA loge les ETF Monde éligibles comme l'Amundi PEA MSCI World (≈ 1 300 entreprises mondiales) ou un BNP Easy S&P 500 (≈ 500 valeurs US). L'AV reprend la main après 8 ans pour la transmission, ou en relais une fois le plafond PEA de 150 000 € atteint.
Combien faut-il garder en épargne de précaution avant d'investir ?
Compte entre 3 et 6 mois de charges courantes, soit 5 000 à 10 000 € pour un foyer médian français. Plus le revenu est volatil (TNS, freelance, intermittent), plus on tire vers 6 mois. CDI stable + conjoint qui travaille, on peut descendre à 3 mois. Au-delà, le matelas commence à perdre du rendement réel face à l'inflation.
PEA plein à 150 000 €, que faire après ?
L'assurance-vie multisupport prend le relais, idéalement déjà ouverte depuis quelques années pour avoir engrangé l'antériorité fiscale. Tu profites des PS préservés à 17,2 % (vs 18,6 % en PEA et CTO) et de l'abattement annuel après 8 ans (4 600 € seul, 9 200 € couple). Pour une TMI ≥ 30 %, le PER s'insère typiquement entre PEA et AV pour la part « épargne retraite », grâce à la déduction immédiate. Le CTO ferme la marche pour les supports non éligibles ou le reliquat ; la fiscalité PFU 31,4 % le réserve aux cas où tout le reste est plein.
Assurance-vie ou PEA pour loger des ETF ?
Sur les premiers 150 000 € et avec un horizon ≥ 5 ans, le PEA a très souvent le dessus. La fiscalité de sortie est plus douce (0 % IR + 18,6 % PS après 5 ans, contre 7,5 % IR + 17,2 % PS en AV après 8 ans pour les primes ≤ 150 k€). Les frais sont quasi nuls chez un courtier en ligne. L'univers d'ETF Monde éligibles couvre ≈ 1 300 entreprises (Amundi PEA MSCI World, TER ≈ 0,20 %). Un S&P 500 (≈ 500 valeurs 100 % US) ne se justifie que si tu veux concentrer sur les méga-caps américaines. L'AV reprend l'avantage pour la transmission ou pour les sous-jacents indisponibles en PEA (immobilier papier, fonds €).
Le PER doit-il s'ajouter à la cascade ?
Oui dès que ta TMI marginale atteint 30 %. L'outil propose alors de cocher « Je veux aussi préparer ma retraite » : il insère le PER entre le PEA et l'assurance-vie, et calibre automatiquement la part de ton flux mensuel à y router (30 % à TMI 30 %, 40 % à TMI 41 %, 50 % à TMI 45 %). Le PER déduit chaque versement de ton revenu imposable, dans la limite légale du plafond annuel (10 % des revenus pro nets N-1 plafonnés à 8 PASS, ou 10 % du PASS si plus favorable, art. 163 quatervicies du CGI). À TMI 30 %, 300 € d'IR économisés par 1 000 € versé ; à TMI 41 %, 410 €. En contrepartie, le capital est bloqué jusqu'à la retraite, sauf 6 cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, fin de droits chômage, invalidité, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, liquidation judiciaire du non-salarié au sens de l'art. L224-4 CMF). Pour TMI 0 ou 11 %, la case n'apparaît pas : l'avantage fiscal est trop maigre pour compenser le blocage.
La cascade change-t-elle si je suis TNS ou freelance ?
Le matelas de précaution monte vers 6 à 9 mois, parce que ton revenu fluctue et que tu dois absorber les régularisations de cotisations URSSAF. Le PER (PER individuel post-loi PACTE 2019, ex-Madelin) devient particulièrement utile : la déduction se fait sur ton bénéfice imposable BNC ou BIC, dans une fourchette plus large que pour un salarié, à savoir 10 % du bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), majoré de 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 10 % du PASS quand le bénéfice est faible (art. 154 bis et 163 quatervicies du CGI). C'est une déduction d'impôt sur le revenu, pas de cotisations sociales URSSAF, contrairement à une idée répandue. Le reste de la cascade (LEP → Livret A → LDDS → PEA → AV → CTO) ne change pas.
À quel moment ouvrir une assurance-vie pour prendre date ?
Le plus tôt possible, même avec un versement minimal de 100 €. L'antériorité fiscale (compteur des 8 ans) démarre à l'ouverture, indépendamment des versements ultérieurs. Une AV ouverte à 25 ans avec 100 € permettra à 33 ans de bénéficier de l'abattement annuel à plein régime, sans rien faire entre-temps. C'est gratuit chez la plupart des courtiers en ligne (Linxea, Placement-direct).
Comment intégrer l'immobilier (SCPI, locatif) dans la cascade ?
Les SCPI peuvent se loger dans une AV (frais réduits, fiscalité de l'AV) ou en direct (revenus fonciers imposés au TMI + PS 18,6 %). Pour l'immobilier locatif en direct, c'est une catégorie à part avec sa propre logique fiscale (LMNP, déficit foncier). La cascade 6 enveloppes ne couvre que le capital mobilier liquide ; l'immobilier vient en complément, généralement quand le PEA est plein et qu'on cherche de la diversification.
