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Épargne & fiscalité

PEL et CEL en 2026 : faut-il en ouvrir, garder ou casser ?

PEL et CEL en 2026 : taux par génération, fiscalité, prime d'État, droit à prêt, bascule des 12 ans. Verdict garder, plafonner ou casser, avec cas chiffrés.

Mis à jour le 15 juin 202632 min de lecture
PEL et CEL en 2026 : faut-il en ouvrir, garder ou casser ?
Sommaire · PEL et CEL en 30 secondes

PEL ouvert il y a quinze ans qui dort à la banque. Vieux CEL hérité d'un parent qu'on n'a jamais touché. PEL « zombie » que les parents ont ouvert à la majorité. Conseiller bancaire qui ressort le PEL pour un primo-accédant en 2026. Ces quatre situations couvrent à peu près 80 % des cas concrets, et pour chacune la décision est différente. Cet article fait la grille de décision en clair, avec les chiffres officiels 2026.

Au passage : le PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 sert 2 % brut, soit 1,372 % net après PFU 31,4 %. Le taux du prêt associé est à 3,20 %. Le CEL 2026 est à 1 % brut, soit 0,686 % net. Tout ça est figé à l'ouverture (PEL) ou indexé sur le Livret A (CEL). Contrairement à ce que beaucoup de sites grand public écrivent, les PEL et CEL ouverts depuis 2018 sont concernés par la hausse PS à 18,6 % de la LFSS 2026 ; seuls les plans antérieurs à 2018 (et seulement dans la fenêtre des 12 premières années pour le PEL) restent au taux historique 17,2 %. Sources et détail en bas d'article.

PEL et CEL en 30 secondes

Avant d'entrer dans le détail, voici la photo de famille en 2026.

CritèrePEL (ouvert depuis 01/01/2026)CEL (depuis 01/02/2026)
Taux brut2,00 %1,00 %
Taux net (PFU 31,4 % depuis LFSS 2026)1,372 %0,686 %
Plafond de versements61 200 €15 300 €
Versement initial mini225 €300 €
Versements obligatoiresOui (540 €/an mini)Non (libres)
Retrait partielImpossible (sortir = clôturer)Libre (solde mini 300 €)
Durée maximale15 ans (fermeture auto)Pas de limite
Prêt associéJusqu'à 92 000 € à 3,20 %Jusqu'à 23 000 € à 2,50 %
FiscalitéPFU 31,4 % dès le 1er € (12,8 % IR + 18,6 % PS)PFU 31,4 % dès le 1er €
PS pour les générations pré-201817,2 % maintenu (PEL < 12 ans, CEL pré-2018)17,2 % maintenu (CEL pré-2018)

Le PEL est un produit de discipline pour préparer un projet immobilier daté à 4-10 ans, avec un taux figé à l'ouverture et un droit à prêt verrouillé. Le CEL est un livret bancaire fiscalisé qui n'a quasiment plus d'avantages en 2026, sauf à l'utiliser en complément d'un prêt PEL ou pour son droit à prêt à 2,50 %. Les deux produits ne sont accessibles qu'aux personnes physiques (un enfant peut en avoir un, géré par ses parents). Pas d'ouverture possible au nom d'une SAS, d'une SARL ou d'une SCI : ce ne sont pas des outils de trésorerie d'entreprise.

Comment marche un PEL (pour ceux qui partent de zéro)

Un PEL est un plan d'épargne réglementé bloqué à 4 ans minimum, à taux fixé à l'ouverture (2 % brut en 2026) et plafonné à 61 200 € de versements. Il s'alimente par versements obligatoires d'au moins 540 €/an et donne droit, à partir de 4 ans, à un prêt immobilier à taux préférentiel garanti à l'ouverture. La fermeture est automatique au bout de 15 ans pour tout PEL ouvert depuis le 1er mars 2011.

Le PEL s'ouvre dans n'importe quelle banque, contre un versement initial de 225 € minimum. Ensuite, tu t'engages à verser au moins 540 €/an : 45 €/mois, 135 €/trimestre ou 270 €/semestre. Le respect de ce calendrier de versements est une condition contractuelle pendant les 4 premières années. Si tu sautes des versements, la banque peut transformer ton PEL en livret bancaire.

Le taux est fixé à la date d'ouverture et garanti pour toute la durée du plan. C'est le point clé : un PEL ouvert en 2014 à 2,5 % continue de rapporter 2,5 % en 2026, peu importe ce qui se passe sur les marchés ou ce que fait la Banque de France. Cet effet « cliquet » a été l'argument majeur du PEL pendant des décennies, jusqu'à ce que les taux 2016-2022 tombent à 1 % et tuent l'intérêt de la formule pour cette génération-là.

Les durées à connaître par cœur

  • 4 ans : durée minimale d'épargne avant de pouvoir utiliser le droit à prêt et toucher la prime d'État (pour les PEL antérieurs à 2018).
  • 10 ans : plus aucun versement n'est possible au-delà. Le plan continue à capitaliser les intérêts au taux fixé à l'ouverture, mais on ne peut plus l'alimenter.
  • 15 ans : fermeture automatique pour tous les PEL ouverts depuis le 1er mars 2011. Le plan se transforme en livret bancaire au taux maison de la banque (généralement très bas). Les seuls PEL qui peuvent dépasser 15 ans sont ceux ouverts avant le 1er mars 2011.

Concrètement : si tu ouvres un PEL en juin 2026, tu peux verser jusqu'en juin 2036, et le plan se ferme automatiquement en juin 2041.

Le plafond et la capitalisation

Le plafond de versements est de 61 200 €, hors intérêts capitalisés. Une fois ce plafond atteint, tu ne peux plus verser, mais les intérêts continuent à s'accumuler. Sur un PEL plein de 61 200 € à 2 % brut, tu génères 1 224 € d'intérêts la première année. Comme le PFU est prélevé annuellement sur les PEL ouverts depuis 2018 (PFU 31,4 % depuis la LFSS 2026), le capital net de l'année 2 part de 61 200 + 839,66 = 62 039,66 €, ce qui produit environ 1 241 € d'intérêts bruts la deuxième année. Sur 10 ans à 2 % brut, le PEL plein finit autour de 70 130 € net après PFU 31,4 % chaque année.

À titre de comparaison, le même 61 200 € sur un Livret A à 1,50 % finit autour de 71 020 € sur 10 ans, exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Le Livret A bat aujourd'hui le PEL 2026 à plafond comparable, ce qui n'était pas le cas en 2024 (PEL 2024 à 2,25 % brut vs Livret A à 3 %). Le Livret A est passé à 2,4 % au 1er février 2025 puis à 1,50 % au 1er février 2026, ce qui rééquilibre temporairement le match. Mais bon, le Livret A plafonne à 22 950 € : pour stocker plus, le PEL ou un fonds euros AV récent prennent le relais.

Le CEL : à quoi il sert vraiment (et pourquoi peu de gens en ouvrent)

Le CEL est un livret d'épargne réglementé à taux variable indexé sur le Livret A (1 % brut, 0,686 % net en 2026 après PFU 31,4 %), plafonné à 15 300 €, qui donne droit à un prêt immobilier de 23 000 € maximum à 2,50 %. Versements et retraits sont libres, à condition de garder un solde supérieur à 300 €. Son rôle pratique en 2026 : appoint d'un prêt PEL ou bourse d'épargne souple pour de petits projets immobiliers.

Le CEL est le cousin pauvre du PEL. Il a été créé en 1965 sur le même principe (épargne + droit à prêt immobilier), mais avec des paramètres beaucoup plus souples et un rendement structurellement plus bas.

Côté souplesse, le CEL a quelques atouts : versement initial à 300 €, puis versements libres dès 75 € ; retraits libres tant que le solde reste au-dessus de 300 € (pas de clôture à la moindre sortie) ; pas de durée maximale, le plan peut courir indéfiniment ; et un droit à prêt à 2,50 % pour le CEL ouvert en 2026, parfois utilisable en complément d'un prêt PEL.

Côté rendement, c'est nettement plus difficile à défendre en 2026. Le taux brut 1 % donne 0,686 % net après PFU 31,4 %, là où un Livret A à 1,50 % ou un LEP à 2,50 % (pour les éligibles) sont exonérés et nettement plus rémunérateurs sur de l'épargne disponible. Le plafond bas (15 300 €) plafonne aussi vite qu'il rapporte peu, là où Livret A + LDDS cumulent 34 950 € exonérés. Et le taux variable suit toujours le Livret A avec un train de retard (deux tiers du taux, arrondi au quart de point), donc reste structurellement inférieur.

En pratique, en 2026, le CEL ne se justifie qu'autour du droit à prêt à 2,50 %, et seulement quand ce taux bat le marché et que tu utilises effectivement le prêt (taux marché 3,2-3,5 % en juin 2026). Sinon, mieux vaut Livret A ou LEP pour la sécurité et la liquidité, PEL pour un projet immobilier structuré, assurance-vie pour l'épargne fiscalisée long terme.

Taux et générations PEL : le grand tableau

C'est ici que se joue 80 % des décisions concrètes. Le taux d'un PEL est figé à l'ouverture, donc la première question à te poser quand tu hérites d'un PEL ou que tu en retrouves un, c'est : quand a-t-il été ouvert ? L'info est sur ton contrat, sur tes premiers relevés annuels, ou en demandant directement à ta banque.

Voici le tableau de référence pour toutes les générations encore actives en juin 2026.

Période d'ouvertureTaux brutTaux net 2026Taux du prêt PELPrime d'État
Août 2003 → janvier 20152,50 %2,07 % avant 12 ans (PS 17,2 %, IR exonéré), 1,715 % après 12 ans (PFU 31,4 %)4,20 %Oui (jusqu'à 1 525 €)
Février 2015 → janvier 20162,00 %1,656 % avant 12 ans, 1,372 % après3,20 %Oui (jusqu'à 1 525 €)
Février 2016 → juillet 20161,50 %1,242 % avant 12 ans, 1,029 % après2,70 %Oui (1 000 €)
Août 2016 → décembre 20171,00 %0,828 % avant 12 ans, 0,686 % après2,20 %Oui (1 000 €)
Janvier 2018 → décembre 20221,00 %0,686 % dès l'ouverture (PFU 31,4 %)2,20 %Non
20232,00 %1,372 %3,20 %Non
20242,25 %1,5435 %3,45 %Non
20251,75 %1,2005 %2,95 %Non
Depuis le 1er janvier 20262,00 %1,372 %3,20 %Non

Sources : avis publié au Journal officiel du 20 décembre 2025, Service-Public.fr (fiche F16140), arrêté du 1er mars 2011 sur la prime d'État.

La frontière du 1er janvier 2018 : à graver

Tous les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2018 sont au PFU dès le premier euro d'intérêts. Depuis la LFSS 2026, ce PFU est passé à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), au lieu de 30 % auparavant. La prime d'État a aussi été supprimée pour ces plans. Si tu ouvres ou que tu détiens un PEL post-2018, c'est ce régime qui s'applique, même au bout de 12 ans : pas de bascule, pas d'avantage temporel, pas de prime à attendre.

Les PEL ouverts avant le 1er janvier 2018 suivent un régime hybride : exonération d'IR pendant les 12 premières années (mais les prélèvements sociaux 17,2 % sont prélevés annuellement depuis la réforme de 2018, et la CSG dérogatoire 9,2 % a été expressément maintenue par le IV de l'art. L. 136-8 CSS pour cette fenêtre des 12 ans), puis bascule au PFU 31,4 % à partir du 13e anniversaire du plan. Cette bascule des 12 ans est l'événement fiscal majeur à connaître pour cette génération de plans, d'autant plus depuis la LFSS 2026 puisque le delta entre les deux régimes s'est creusé.

Si tu ne sais pas quand ton PEL a été ouvert

Trois moyens fiables :

  1. Le contrat d'ouverture signé à la banque (cherche dans tes archives papier ou ton coffre-fort numérique).
  2. Le premier relevé annuel du PEL, généralement édité fin décembre ou début janvier de l'année qui suit l'ouverture.
  3. Demander à ta banque par mail ou via la messagerie sécurisée. La date est visible dans le système, l'agence te la communique.

Si ton PEL a été ouvert par tes parents quand tu étais mineur (le fameux PEL « zombie »), demande-leur d'abord, puis à la banque qui détenait le plan à l'époque. C'est parfois la même qu'aujourd'hui, parfois non (transferts, fusions bancaires).

La fiscalité du PEL en clair

C'est le sujet où les guides grand public se contentent souvent d'un « ça dépend ». Voici le détail utile en 2026, par cas.

PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018 : PFU dès le premier euro

Le PFU 31,4 % s'applique dès le 1er € d'intérêts, prélevé chaque année par la banque qui sert d'intermédiaire entre toi et le fisc. Sur un PEL 2018 à 1 % brut, tu touches 0,686 % net. Sur un PEL 2026 à 2 % brut, 1,372 % net. Pas d'exonération, pas de bascule, pas de prime d'État.

Tu peux opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU, à condition que cette option soit globale (elle s'applique alors à tous tes revenus du capital de l'année). Cas où ça devient pertinent :

  • TMI à 0 % : tu paies seulement 18,6 % de PS au lieu de 31,4 %, soit 1,628 % net sur un PEL 2 % au lieu de 1,372 %.
  • TMI à 11 % : tu paies 11 % d'IR + 18,6 % de PS = 29,6 %, légèrement mieux que le PFU 31,4 %, soit 1,408 % net au lieu de 1,372 %. Marge faible, mais positive (sans compter le bénéfice annexe de la CSG déductible 6,8 % imputable sur l'IR de l'année suivante).
  • TMI à 30 % ou plus : reste au PFU 31,4 %, c'est plus avantageux.

L'arbitrage barème vs PFU se fait au moment de la déclaration, en cochant la case 2OP. Aucune contrainte préalable.

PEL ouvert avant le 1er janvier 2018 : régime hybride à deux étapes

Régime hybride à deux étapes :

  1. Pendant les 12 premières années : exonération d'impôt sur le revenu sur les intérêts. Les prélèvements sociaux 17,2 % sont prélevés annuellement depuis la réforme de 2018 (avant, ils étaient prélevés en bloc à la clôture).
  2. À partir du 13e anniversaire : les intérêts générés au-delà sont soumis au PFU 31,4 %.

Sur un PEL 2014 plein de 25 000 € à 2,5 % brut :

  • Avant 2018 : taux net = 2,5 % brut, exonéré totalement. Le PEL est resté très attractif sur cette période.
  • De 2018 à 2026 (8 ans, encore dans la fenêtre des 12 ans) : taux net = 2,5 × (1 - 0,172) = 2,07 % net, PS prélevés annuellement.
  • À partir de 2026 (le PEL atteint ses 12 ans) : les intérêts générés au-delà sont soumis au PFU 31,4 %, soit 1,715 % net.

Beaucoup de détenteurs de PEL 2014 voient donc leur rendement net passer de 2,07 % à 1,715 % à la bascule des 12 ans (depuis la LFSS 2026, 1,715 % au lieu de 1,75 % avant). Ce n'est pas un effondrement, mais ça fait perdre la principale motivation de garder un vieux PEL : si l'alternative est un fonds euros récent autour de 2,5 % net, le calcul commence à pencher de l'autre côté.

La prime d'État (si elle s'applique)

La prime d'État est versée au moment où tu utilises ton PEL pour souscrire un prêt épargne logement d'au moins 5 000 €. Elle correspond à un pourcentage des intérêts acquis pendant la phase d'épargne :

  • 40 % pour les PEL ouverts entre 2003 et janvier 2015.
  • 50 % pour ceux ouverts entre février 2015 et janvier 2016.
  • 2/3 pour ceux ouverts entre février 2016 et juillet 2016.
  • 100 % pour ceux ouverts entre août 2016 et décembre 2017.

Plafonnée à 1 000 € dans le cas standard, 1 525 € si le projet immobilier financé est en zone ANRU ou répond à des critères de performance énergétique (BBC pour le neuf, DPE A à D pour l'ancien selon génération). Une majoration de 10 % par personne à charge s'applique sur les intérêts acquis, plafonnée à 100 €/personne (ou 153 € en zone éligible).

Le piège classique : sans souscription effective d'un prêt PEL d'au moins 5 000 €, la prime n'est pas versée, même si toutes les autres conditions sont remplies. Beaucoup de détenteurs de vieux PEL clôturent leur plan en pensant que la prime tombe automatiquement. Non : pas de prêt, pas de prime.

Hausse PS LFSS 2026 : ce qui change vraiment pour le PEL et le CEL

La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12, modifiant l'article L. 136-8 du Code de la sécurité sociale) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, soit un total de prélèvements sociaux à 18,6 % au lieu de 17,2 %. Cette hausse touche notamment le compte-titres ordinaire, le PEA, le PER en sortie capital, les dividendes hors enveloppes, et les plus-values mobilières.

L'art. L. 136-8, IV du CSS prévoit une liste limitative de revenus qui restent au taux historique 9,2 % de CSG (donc 17,2 % de PS au total). Pour le PEL et le CEL, la rédaction est précise et c'est là que les sources grand public se trompent souvent (sources niveau 1 : AUREP, OMGA, Lita-EC, BoFiP). Voici le détail :

ProduitRégime PS depuis le 1er janvier 2026PFU effectif
PEL ouvert avant 2018, dans ses 12 premières années (intérêts exonérés d'IR, art. 157, 9° bis CGI)17,2 % (CSG dérogatoire 9,2 % maintenue)Non concerné, intérêts exonérés d'IR
PEL ouvert avant 2018, au-delà de 12 ans (intérêts imposables)18,6 %31,4 % sur les intérêts post-12 ans
PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018 (incluant 2026)18,6 %31,4 % dès le 1er €
CEL ouvert avant 201817,2 %30 % (PFU)
CEL ouvert depuis 2018 (incluant 2026)18,6 %31,4 % dès le 1er €
Assurance-vie, revenus fonciers, plus-values immobilières17,2 %Régime AV (PFL/PFU selon cas) ou imposition immo selon cas

Pour les PEL et CEL ouverts depuis 2018 (donc tous les plans souscrits aujourd'hui), le PFU effectif est de 31,4 % sur les intérêts dès la première année. C'est cohérent avec l'esprit de la réforme : la liste limitative du IV de l'art. L. 136-8 CSS a été calquée sur les plans encore en cours qui bénéficient de l'exonération d'IR (9° bis art. 157 CGI), à savoir les plans pré-2018 dans leur fenêtre des 12 premières années. Au-delà, le régime de droit commun s'applique.

Le droit à prêt PEL : utile ou pas en 2026 ?

C'est la question taboue. Le PEL a été conçu comme un outil pour préparer un projet immobilier, et son taux d'épargne (souvent inférieur à l'inflation) est censé être compensé par un droit à prêt avantageux à la sortie. En 2026, ce raisonnement a beaucoup perdu de sa force.

Comment se calcule le droit à prêt

Pendant la phase d'épargne, ton PEL accumule des intérêts. Ces intérêts sont convertis en droits à prêt selon une formule qui multiplie les intérêts acquis par un coefficient (généralement 2,5). Le résultat donne le montant maximum d'intérêts que la banque accepte de te facturer dans le cadre d'un prêt PEL, qui est ensuite converti en capital emprunté selon le taux PEL et la durée choisie.

Plafond légal : 92 000 € de capital emprunté maximum, sur une durée de 2 à 15 ans. Les droits à prêt sont cessibles aux ascendants, descendants, conjoint, frères, sœurs, oncles, tantes, neveux et nièces (art. R315-39 CCH), à plusieurs conditions cumulatives :

  • Ancienneté minimale de 3 ans côté cédant.
  • Le bénéficiaire doit lui-même détenir un PEL en cours depuis au moins 3 ans (art. R315-39 CCH).
  • Cession totale des droits (pas de fractionnement).
  • Épuisement préalable des droits à prêt propres du bénéficiaire.

C'est l'angle utile pour les parents qui veulent aider un enfant primo-accédant : céder un droit à prêt PEL ancien (taux bas) plutôt que faire une donation cash.

Le test de bat-le-marché en juin 2026

Le taux du prêt PEL est figé à l'ouverture du plan (généralement, taux de l'épargne + 1,20 point). Pour savoir si ce prêt est intéressant en 2026, on le compare aux taux moyens des prêts immobiliers du moment.

Taux marché en juin 2026 (sources convergentes Banque de France, Pretto, Cafpi, La Centrale de Financement) :

  • 15 ans : 3,20 % à 3,37 % (taux moyens, hors meilleurs profils en zone Île-de-France à 2,85-3,00 %).
  • 20 ans : 3,37 % à 3,47 %.
  • 25 ans : 3,44 % à 3,53 %.

Et pour comparer avec le prêt PEL selon la génération :

PEL ouvertTaux du prêt PELComparaison marché juin 2026 (15-20 ans)
2003 → janvier 20154,20 %Plus cher que le marché (verdict : laisser tomber le prêt)
02/2015 → 01/20163,20 %Équivalent au marché
02/2016 → 07/20162,70 %Bat le marché de 0,5 à 0,7 point
08/2016 → 12/20222,20 %Bat largement le marché de 1 à 1,2 point
20233,20 %Équivalent au marché
20243,45 %Plus cher que le marché
20252,95 %Bat le marché de 0,3 à 0,4 point
Depuis 20263,20 %Équivalent au marché

Quand utiliser le prêt PEL

La règle simple : utiliser le droit à prêt PEL si son taux est strictement inférieur à ce que tu peux obtenir sur le marché libre, et si tu as un projet immobilier réel. Pour les générations 2018-2022 (prêt à 2,20 %), c'est net : sur un emprunt de 92 000 € (le max) sur 15 ans, le différentiel avec un prêt classique à 3,20 % représente environ 7 855 € d'économies d'intérêts sur la durée du prêt (calcul à mensualité constante, hors assurance emprunteur). Ça vaut le coup, à condition que le projet existe vraiment.

Pour les générations 2023 ou 2026 (prêt à 3,20 %), aucun intérêt particulier : tu trouveras la même chose ou mieux sur le marché libre, avec en plus la possibilité de négocier le taux selon ton profil. Le prêt PEL ouvert depuis 2026 n'a donc aucun avantage par rapport à un crédit immobilier classique en juin 2026, sauf à figer un taux dans la perspective d'une remontée future (mais ce serait un pari, pas une certitude).

Que faire de votre vieux PEL en 2026 ?

L'arbre de décision dépend de trois variables : la génération du PEL, l'âge actuel du plan par rapport aux 12 ans (pour les pré-2018), et l'existence ou non d'un projet immobilier réel à 4-10 ans. Voici les cas typiques.

PEL ouvert entre 2003 et janvier 2015 (taux 2,5 %)

Le rendement net est aujourd'hui de 2,07 % avant les 12 ans, 1,715 % après bascule au PFU 31,4 %. Le prêt à 4,20 % est plus cher que le marché 2026 : oublie le prêt.

Avant les 12 ans, le réflexe est simple : garder. 2,07 % net est meilleur qu'un fonds euros moyen et beaucoup mieux que le Livret A à 1,50 %. Continuer le minimum 540 €/an (sauf si tu plafonnes déjà).

Après les 12 ans, c'est moins évident. La bascule au PFU 31,4 % fait tomber le rendement à 1,715 % net sur les nouveaux intérêts. Si tu as un fonds euros AV récent qui sert ~2,5 % net, casse le PEL et bascule. Si ton fonds euros sert 1,5 % et que tu n'as pas envie de passer aux UC, le PEL 2,5 % brut / 1,715 % net reste une réserve de capital correcte, à laisser dormir au plafond sans verser plus.

Cas pratique (Robert, PEL 2003 plein, 12 ans largement dépassés, retraite proche) : laisse-le tranquille au plafond. Pour les PEL ouverts avant le 1er mars 2011, la durée n'est pas plafonnée à 15 ans (ils peuvent tourner indéfiniment), en revanche les versements ne sont plus possibles au-delà du 10e anniversaire. Pratiquement, à 23 ans, ton PEL 2003 ne peut plus être alimenté depuis 2013 ; il continue juste à capitaliser les intérêts au taux d'origine. Le rendement net est correct sans risque. La bascule au PFU s'est déjà faite, le mal est fait. À la succession, le PEL est intégré à l'actif successoral et taxé selon le lien avec l'héritier (à la différence d'une assurance-vie, qui bénéficie de l'abattement 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, art. 990 I CGI).

PEL ouvert entre août 2016 et décembre 2022 (taux 1 %, prêt 2,20 %)

C'est la génération la moins rentable côté épargne (0,686 % net depuis la LFSS 2026) mais la plus précieuse côté prêt (2,20 %, qui bat largement le marché 2026).

Si tu as un projet immobilier à 4-7 ans, garde le PEL, même au minimum 540 €/an. Sur un emprunt de 92 000 € (le plafond) sur 15 ans, le différentiel entre 2,20 % et 3,20 % représente environ 7 855 € d'économies d'intérêts sur la durée du prêt (calcul mensualité fixe, hors assurance emprunteur). Pour les PEL 2016-2017, vérifie aussi si la prime d'État est encore activable (selon la génération précise et le projet financé).

Sans projet immobilier, casse le PEL. À 0,686 % net, il perd contre tous les livrets exonérés (Livret A à 1,50 %, LEP à 2,50 % pour les éligibles), contre un fonds euros récent (~2,5 % net), et a fortiori contre un PEA ETF World sur 8 ans+. Le droit à prêt à 2,20 % a une valeur d'option, mais cette option ne vaut quelque chose que si tu vas l'exercer.

Cas pratique (Sophie, PEL 2018 zombie de 25 k€, pas de projet immo) : casse, transfère sur un fonds euros récent ou un PEA en DCA. Sur 10 ans, à 2,5 % net (fonds euros), tu finis à ~32 000 €. Sur le PEL à 0,686 %, tu finis à ~26 770 €. Différentiel net : ~5 230 €.

PEL ouvert depuis 2018, taux 1 à 2,25 %, sans projet immo

Le plus simple. Pour tous ces plans, la prime d'État n'existe pas, le PFU 31,4 % s'applique dès le premier euro, et la bascule des 12 ans n'a pas d'effet. Le rendement net 2026 est figé à 0,686 % (PEL 1 %), 1,372 % (PEL 2 % ou 2026), 1,5435 % (PEL 2024) ou 1,2005 % (PEL 2025).

Sauf si tu as un projet immobilier et que le taux du prêt PEL bat le marché (cas exceptionnel pour ces générations, sauf 2025 et marginalement), casse-le. Le rendement ne justifie pas la contrainte : pas de retrait partiel, versements obligatoires, plafond.

Le PEL « zombie » ouvert pendant l'adolescence

Tu as 28 ans, tu retrouves un PEL ouvert à tes 14 ans par tes parents avec quelques milliers d'euros dessus. Première étape : récupérer la trace (banque actuelle, génération exacte, solde, dernière date de versement). Deuxième étape : appliquer la grille ci-dessus selon la génération.

Cas typique : PEL ouvert en 2010 (taux 2,5 %), aujourd'hui dépassé les 15 ans. Si tu as un PEL ouvert avant le 1er mars 2011, il peut tourner indéfiniment. Si l'ouverture est postérieure, fermeture automatique à 15 ans avec transformation en livret bancaire au taux maison de la banque (en général 0,1 % à 0,5 %) : sors immédiatement et bascule sur un livret réglementé ou autre.

Faut-il ouvrir un PEL pour son enfant mineur ?

Oui c'est possible. Non c'est rarement le meilleur véhicule en 2026. Voici pourquoi.

Comment ça fonctionne

Un PEL peut être ouvert au nom d'un mineur par les parents (ou tuteur légal), sous le régime de l'administration légale conjointe. Versement initial 225 €, mini 540 €/an, plafond 61 200 €, taux à l'ouverture (2 % brut en 2026), durée maximale 15 ans, fermeture automatique.

Les versements peuvent venir du compte bancaire de l'enfant ou des parents. Côté fiscal, deux notions à distinguer :

  • Présent d'usage (art. 852 du Code civil) : un cadeau d'occasion (anniversaire, Noël, réussite scolaire), proportionné au train de vie de la famille (généralement < 2 % du patrimoine). Pas de déclaration, pas d'imputation sur les abattements de donation.
  • Donation (art. 779 I et 790 G du CGI) : tout ce qui dépasse le présent d'usage doit être déclaré. Abattement parent → enfant de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (art. 779 I), cumulable avec un don de sommes d'argent de 31 865 € par parent vers chaque enfant majeur ou émancipé (art. 790 G), aussi tous les 15 ans.

À la majorité, l'enfant récupère la pleine maîtrise du plan, peut continuer à verser jusqu'au plafond ou clôturer. Le taux figé à l'ouverture reste valable, ce qui est l'argument souvent avancé pour ouvrir un PEL en début d'enfance : verrouiller un taux pour 15 ans.

Le problème en 2026

Le PEL 2026 sert 1,372 % net. Une assurance-vie ouverte au nom de l'enfant, alimentée en fonds euros récent, tourne autour de 2,5 % net en 2026 sur les meilleurs contrats (Linxea Spirit, Suravenir Opportunités, Yomoni, Placement-direct), avec des frais d'enveloppe modérés (0,5-0,6 % sur UC, fonds euros gratuit). Sur les contrats banque traditionnelle, le rendement net est plutôt autour de 1,5 à 2 %. Sur 18 ans, en hypothèse versement initial unique de 61 200 € à plafond comparable :

  • PEL plein 61 200 € à 1,372 % net : 78 200 € environ.
  • AV initial 61 200 € en fonds euros récent à 2,5 % net moyen : 95 500 € environ.
  • AV initial 61 200 € en mode 50/50 fonds euros + ETF World, 4 % net moyen : 124 000 € environ.

Différentiel : 17 000 € à 45 500 € en faveur de l'AV, à versement identique. Ajoute à ça l'abattement transmission de l'AV (152 500 € par bénéficiaire si tu décèdes avant tes 70 ans, art. 990 I CGI ; ou 30 500 € après 70 ans, art. 757 B), qui n'existe pas sur le PEL.

Le PEL mineur ne se justifie donc qu'à deux conditions cumulatives :

  1. L'enfant a un projet immobilier identifié à l'horizon de sa majorité (rare à anticiper sur 18 ans).
  2. La famille ne souhaite pas prendre de risque de marché et préfère bloquer un taux fixe garanti, même bas.

Comparatif rapide PEL mineur vs alternatives

ProduitPlafondRendement net 2026SouplesseAvantage transmission
PEL mineur (2026)61 200 €1,372 %Versements bloqués 4 ansAucun spécifique
AV mineur (fonds euros + UC)Pas de plafond2,5 % à 4 %+ selon mixVersements/retraits libresAbattement 152 500 €/bénéficiaire (avant 70 ans)
Livret A mineur22 950 €1,50 % (exonéré)TotaleAucun spécifique
Livret Jeune (12-25 ans)1 600 €2 % à 4 % selon banque (exonéré)TotaleAucun

En clair : pour la première tranche d'épargne d'un enfant, Livret Jeune (très bon rendement net) puis Livret A. Pour la suite, assurance-vie au nom de l'enfant. Le PEL mineur est rarement le bon choix, sauf raisons familiales très spécifiques.

PEL ou CEL ou autre chose ? La grille de décision 2026

Ta situationLe bon réflexe
Épargne de précaution (3 à 6 mois de charges)Livret A en priorité, LEP si éligible. Pas de PEL.
Projet immobilier daté à 3-5 ans, pas de PEL existantPEL 2026 si tu vas vraiment utiliser le droit à prêt et que tu acceptes la contrainte de versements. Sinon, fonds euros AV (souplesse + rendement net légèrement supérieur).
Pas de projet immobilier, horizon long (8 ans+)PEA + ETF World en DCA. Le PEL n'a aucun intérêt ici.
Vieux PEL 2003-2015 (taux 2,5 %), bien rempliGarder, ne plus verser. Casser à la bascule des 12 ans si tu as une alternative à 2 %+ net (fonds euros récent).
PEL 2016-2022 (taux 1 %), projet immo prochainGarder pour le droit à prêt à 2,20 % (bat le marché). Activer le prêt si projet réel.
PEL 2016-2022 (taux 1 %), pas de projet immoCasser, basculer sur fonds euros AV ou Livret A.
Enfant mineur, capacité d'épargne familialeLivret Jeune + Livret A, puis assurance-vie au nom de l'enfant. PEL mineur uniquement si raisons spécifiques.
CEL existantGarder seulement si projet immo et taux du prêt CEL battant le marché. Sinon, sortir progressivement vers Livret A ou LDDS.

Le PEL n'est pas un mauvais produit. C'est un produit de niche en 2026 : utile pour quelques cas précis, dominé par d'autres enveloppes pour la plupart des situations. Le piège classique est de lui donner plus d'importance qu'il n'en a, soit par habitude, soit parce que le conseiller bancaire l'a mis en avant.

Et à la succession ? PEL vs assurance-vie

C'est le point qui fait la différence dans les patrimoines installés. Le PEL et le CEL sont des livrets bancaires classiques au plan successoral : à ton décès, leur solde entre dans l'actif successoral, taxé selon le lien avec l'héritier. Les abattements de l'art. 779 CGI s'appliquent (100 000 € parent → enfant, 15 932 € entre frères et sœurs, 7 967 € entre neveu et oncle, 1 594 € entre tiers), avec les tarifs progressifs des art. 777 et 777 bis CGI au-delà. Aucun avantage de transmission spécifique.

L'assurance-vie suit un régime à part :

  • Versements effectués avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur le capital décès, puis taxe forfaitaire 20 % jusqu'à 700 000 € transmis et 31,25 % au-delà (art. 990 I CGI).
  • Versements effectués après 70 ans : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, puis droits de succession sur la fraction des primes (art. 757 B CGI). Les intérêts générés sur ces versements après 70 ans sont, eux, totalement exonérés.

Conséquence pratique : pour de l'argent que tu ne comptes pas utiliser de ton vivant et que tu prévois de transmettre, l'AV bat systématiquement le PEL en optimisation successorale. Pour un capital de 100 k€ transmis à un enfant via PEL, les droits de succession démarrent dès le 1er € au-dessus de l'abattement 100 000 € ; via AV (versé avant 70 ans), le même 100 k€ est totalement exonéré sous le plafond 152 500 €. Pour le détail, voir le guide assurance-vie et la fiche succession assurance-vie.

Le droit à prêt PEL, lui, est cessible aux ascendants, descendants, conjoint, frères et sœurs (cf. supra art. R315-39 CCH), mais ce n'est pas un véhicule de transmission patrimoniale, juste un coup de pouce fiscalement neutre pour faciliter un projet immobilier dans la famille.

Pour aller plus loin

Sources et références

  • Avis publié au Journal officiel du 20 décembre 2025 fixant le taux du PEL à 2 % à compter du 1er janvier 2026 et le taux du prêt PEL à 3,20 %.
  • Code de la construction et de l'habitation : art. L315-1 à L315-6 (PEL), art. R315-1 à R315-25 (PEL), art. R315-25 et suivants (CEL), art. R315-30 (droit à prêt), art. R315-39 (cession des droits à prêt), art. R315-40 (prime d'État).
  • Code général des impôts : art. 157 9° bis (exonération IR PEL pré-2018 limitée aux 12 premières années), art. 200 A (PFU 12,8 % d'IR), art. 779 I et 790 G (abattements donation), art. 990 I et 757 B (transmission assurance-vie).
  • Code de la sécurité sociale : art. L. 136-8 (taux CSG sur revenus du capital, hausse à 10,6 % depuis 2026, IV maintient 9,2 % pour une liste limitative incluant PEL pré-2018 < 12 ans et CEL pré-2018).
  • Code civil : art. 852 (présent d'usage).
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026), art. 12 : hausse de la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Liste limitative des produits maintenus à 9,2 % au IV de l'art. L. 136-8 CSS : revenus fonciers, plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U à 150 UC CGI), produits des contrats d'assurance-vie et bons de capitalisation (art. 125-0 A CGI), intérêts des PEL exonérés d'IR (donc plans pré-2018 dans leurs 12 premières années, art. 157 9° bis CGI), intérêts et primes d'épargne des CEL ouverts jusqu'au 31 décembre 2017, produits et primes des PEP exonérés. Décision Conseil constitutionnel 2025-899 DC du 30 décembre 2025.
  • BOI-RPPM-RCM-10-10-90 : régime fiscal des intérêts PEL et CEL.
  • Service-public.fr, fiches F16140 (PEL) et F16142 (Prêt PEL).
  • Banque de France, taux moyens des prêts immobiliers (juin 2026), Observatoire de l'épargne réglementée pour les encours.
  • Pretto, Cafpi, La Centrale de Financement : barèmes mensuels juin 2026 pour les taux marché.

Notes méthodologiques

  • L'estimation « 7 855 € d'économies » sur un prêt PEL 2,20 % vs 3,20 %, capital 92 000 €, durée 15 ans, est calculée à mensualité fixe (~600,57 € à 2,20 % vs ~644,21 € à 3,20 %), hors assurance emprunteur et frais de dossier. Le différentiel réel intègre aussi le coût de l'assurance, qui peut être différent selon les offres.
  • L'hypothèse « fonds euros à 2,5 % net en 2026 » correspond aux meilleurs contrats du marché en gestion libre (Linxea Spirit, Suravenir Opportunités, Yomoni, Placement-direct), avec frais d'enveloppe modérés. Sur les contrats banque traditionnelle, le rendement net 2026 est plutôt entre 1,5 et 2 %. L'écart vient des frais d'enveloppe (0,5-0,6 % UC vs 0,8-1 % chez les banques généralistes) et de la performance brute des fonds euros sous-jacents.

Cet article est mis à jour à chaque évolution du taux PEL/CEL ou du régime fiscal. La date de dernière mise à jour figure en haut. Si tu repères une coquille, un chiffre obsolète ou une formulation imprécise, contact@placeaurendement.com : on corrige avec la date du correctif visible.

Questions fréquentes

Le PEL est-il encore intéressant en 2026 ?

Pour un nouveau souscripteur sans projet immobilier daté à 4-10 ans, non. Le PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 sert 2 % brut, soit 1,372 % net après PFU 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS post-LFSS 2026), un peu moins que le Livret A (1,50 % net, exonéré, plafond 22 950 €) et nettement moins qu'un fonds euros récent (~2,5 % net) ou qu'un PEA ETF World sur 8 ans et plus. Le PEL ne se justifie en 2026 que si tu as un projet immobilier réel à 4-10 ans et que tu vas utiliser le droit à prêt PEL associé (3,20 %) ou si tu veux bloquer un taux fixe garanti pendant 15 ans dans une logique très défensive. Sources : avis JO du 20 décembre 2025, Banque de France.

Quelle différence entre PEL et CEL ?

Le PEL est un plan d'épargne fermé : taux fixe à l'ouverture (2 % en 2026), versements obligatoires (mini 540 €/an), aucun retrait partiel possible (sortir = clôturer), plafond 61 200 €. Le CEL est un livret ouvert : taux variable indexé sur le Livret A (1 % en 2026), versements et retraits libres dès 75 €, plafond 15 300 €. Les deux donnent un droit à un prêt immobilier à taux préférentiel, mais avec des montants et durées différents (PEL jusqu'à 92 000 € à 3,20 %, CEL jusqu'à 23 000 € à 2,50 %).

Quand mon PEL bascule-t-il à la fiscalité PFU 31,4 % ?

Pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 (incluant tous les plans souscrits aujourd'hui), le PFU 31,4 % depuis la LFSS 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) s'applique dès la première année. Pour les PEL ouverts avant 2018, les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu pendant 12 ans et les prélèvements sociaux restent à 17,2 % sur cette période (CSG dérogatoire 9,2 % maintenue par le IV de l'art. L. 136-8 CSS). À partir du 13e anniversaire du plan, les intérêts générés au-delà sont soumis au PFU 31,4 %. Les PEL post-2018 et les CEL post-2018 ne sont PAS exclus de la hausse PS à 18,6 % de la LFSS 2026, contrairement à ce que de nombreux sites grand public écrivent : seuls les plans pré-2018 sont protégés (et seulement dans la fenêtre des 12 ans pour le PEL).

Le droit à prêt PEL bat-il les taux du marché en 2026 ?

Pour les PEL récents, rarement. Le prêt PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 est à 3,20 %, un niveau équivalent au taux moyen marché 15-20 ans (3,26 % à 3,37 % en juin 2026, source Banque de France/Pretto/Cafpi). En revanche, les PEL ouverts entre août 2016 et décembre 2022 (prêt à 2,20 %) battent largement le marché 2026 et restent une carte précieuse à condition d'avoir un projet immobilier réel. Les vieux PEL 2003-2015 (prêt à 4,20 %) sont nettement plus chers que le marché 2026 et leur droit à prêt n'a plus d'intérêt.

Peut-on retirer une partie de son PEL sans le clôturer ?

Non, jamais. Tout retrait, même partiel, entraîne la clôture totale du PEL. C'est une différence majeure avec le CEL ou un livret réglementé. Avant 4 ans, la clôture entraîne aussi la perte des avantages : le taux de rémunération est rétrogradé à celui du CEL en vigueur, et la prime d'État (pour les PEL antérieurs à 2018) est perdue. Si tu as besoin de liquidité ponctuelle, ne touche pas à ton PEL : utilise un livret réglementé en parallèle.

Faut-il ouvrir un PEL pour son enfant mineur ?

Possible, mais rarement le meilleur véhicule. Le PEL pour mineur fonctionne comme un PEL classique (versement initial 225 €, mini 540 €/an, plafond 61 200 €), géré sous administration légale conjointe des parents. À la majorité, l'enfant en récupère la pleine maîtrise. L'inconvénient : le taux 2026 (2 % brut, 1,372 % net après PFU 31,4 %) est peu compétitif face à une assurance-vie ouverte au nom de l'enfant (fonds euros à ~2,5 % net + abattement transmission 152 500 € par bénéficiaire si tu décèdes avant ses 70 ans), et la contrainte de versements minimaux est forte. Le PEL mineur ne se justifie que si l'enfant a un projet immobilier identifié à l'horizon 18-22 ans.

À partir de quel taux net devient-il rentable de casser un vieux PEL ?

La règle pratique : casser ton vieux PEL devient rentable dès que tu peux placer le capital récupéré sur une enveloppe au moins équivalente après impôts. Pour un PEL post-2018 à 1 % brut (0,686 % net depuis la LFSS 2026), le seuil est très bas : Livret A (1,50 % net en 2026), LEP si éligible (2,50 % net), fonds euros AV récent (~2,5 % net) battent tous le PEL. Pour un PEL pré-2018 à 2,5 % brut (2,07 % net avant 12 ans, 1,715 % net après bascule au PFU 31,4 %), le seuil est plus haut : il faut un fonds euros récent net de frais ≥ 2,1 % pour battre la phase pré-12 ans, ou ≥ 1,75 % pour battre la phase post-12 ans. Si tu détiens un PEL 2,5 % avec droit à prêt 4,20 % (génération 2003-2015) et que tu n'as aucun projet immobilier, casser à la bascule des 12 ans est presque toujours rationnel.

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